Où va l’Amérique ?

Je m’interroge sur ce pays depuis des mois, plus précisément depuis que Donald Trump a accédé au pouvoir et prit les rênes du pays qui, qu’on l’approuve ou pas, domine toujours le monde.
Je vois aujourd’hui une Amérique qui sombre entraînant dans sa chute tous les pions de l’échiquier. Qu’arrive-t-il à cette Amérique, à ce pays que je visite tous les ans depuis la fin des années quatre vingt-dix et dont j’apprécie les habitants, les paysages et les villes ?

L’Amérique déraille, perd de sa superbe, et lentement s’isole.
L’effondrement date-t-il de l’investiture de D. Trump comme 45ème président des États-Unis en janvier 2017 ? Les historiens feront toute la lumière sur l’instant « zéro ». Ce qui est certain néanmoins, c’est que tout s’accélère depuis que celui que l’on n’attendait pas siège dans le bureau ovale.

Rien ne semble cohérent, pensé ? A-t-il seulement une vision à long terme ? Une stratégie ?
Le roi des tweets et des fake news agit au jour le jour pour son pays, les mots et actes variant au gré de son humeur, des programmes de la télévision et des articles de presse.
Voilà un président qui ne s’intéresse à presque rien, joue au golf plus qu’il ne devrait, choisit la vérité qui l’arrange, ment à longueur de journée, ne sait pas se tenir, prononce des grossièretés, hait les journalistes, les intéllectuels et plus généralement ceux qui le dérangent ou qu’il ne comprend pas, attise les conflits et condamne les générations futures.
Dans le but de rendre l’Amérique plus forte ? Meilleure ?

Je n’y crois nullement, comme je ne crois pas qu’il soit idiot. Inculte sans doute mais pas bête.
D. Trump agit pour ses intérêts propres, ceux de ses proches et amis. Donald gère l’Amérique pour maximiser les profits de sa tribu. Les riches seront encore plus riches et plus puissants ; le sort des perdants ne l’intéresse pas. L’Amérique peut bien sombrer, ses amis, alliés et ennemis avec, la planète peut s’enflammer, tant que les dollars s’empilent tout va pour le mieux.

Tristes temps. On jugera globalement à la fin de son mandat, mais il ne faut rien attendre de bon, et certainement pas un changement de cap. Les dés sont jetés.

Une question demeure. Celle que l’on doit se poser. Celle qui importe vraiment.
Pourquoi a-t-il gagné ? Après B. Obama, comment l’Amérique en est-elle arrivé là ?
Que révèle son élection sur l’Amérique, sur le monde ?

Je vous invite à lire un article écrit par Laurent Sagalovitsch et paru dans Slate il y a quelques jours :
Un beau matin, l’Amérique se réveillera cul nu.
Une réflexion pertinente qui apporte certaines réponses.

Falcon 9 Block 5

J’ai suivit hier soir en direct avec enchantement le lancement depuis Cap Canaveral de la fusée Falcon 9 Block 5 de Space X. Vol parfaitement réussi avec récupération du premier étage sur une barge située dans l’océan atlantique. Il s’agissait du vol inaugural de la nouvelle version du lanceur Falcon 9, la version quasi finale. Le modèle Block 5 nécessite une maintenance très réduite après récupération ce qui va faciliter sa réutilisation. E. Musk vise 24 heures entre deux lancements consécutifs. S’il y parvient – faisons lui confiance – le domaine connaîtra un bouleversement majeur.

Tout bouge très vite actuellement dans l’aérospatial. Space X réfléchit à la récupération du deuxième étage de Falcon 9 et de la coiffe, de quoi encore réduire les coûts. Blue Origin progresse aussi de son côté et pourrait bientôt concurrencer Space X. La Chine fait peu de bruit mais réalise des pas de géants dans tous les secteurs. L’Europe n’est pas en reste même si elle a les moyens de faire beaucoup mieux. Les grands acteurs se transforment et voient grand. Des startups se créent chaque jour partout sur la planète. Leurs dirigeants, dynamiques et motivés, proposent de nouveaux concepts, des innovations et solutions et des projets qui concernent l’orbite terrestre, la Lune, les astéroïdes, les planètes géantes et leurs satellites, voire les exoplanètes. Des frontières disparaissent. De nouvelles perspectives émergent. Le rêve devient petit à petit réalité.

L’avenir de l’homme se jouera dans l’espace, ou ne se jouera pas.
J’en suis convaincu.

Bol d’air

Randonnée hier aux alentours de Jabreilles-les-bordes dans les monts d’Ambazac en haute-Vienne. Temps idéal : ciel bleu, ni trop chaud, ni trop froid. Marché 27 kilomètres et subi 1600 mètres de dénivelé en valeur absolue. Superbes paysages découverts dans un coin de mon Limousin natal que je ne connaissais pas alors qu’il suffit d’une demi-heure pour l’atteindre depuis le centre ville de Limoges. Le printemps est installé. L’herbe est verte, les cours d’eau chargés, les prairies sont en fleur et les arbres retrouvent leur feuillage. Une seule ombre au tableau : il n’y a presque pas d’insectes. Seulement aperçu quelques papillons. Je sais qu’il est encore tôt, l’été est loin, mais tout de même, tout est étrangement calme, trop calme me semble-t-il.
Je me rapelle des mes dix ans et de mes escapades hebdomadaires dans les prés, les sous-bois, les forêts et autour des étangs. La vie y était turbulente, bruyante. A chacun de mes pas les insectes s’agitaient, bondissaient, s’envolaient, protestaient. Désormais je ne dérange presque plus personne. Ce fait ne date pas d’hier ; il y a dix ans je me plaignais déjà de l’absence de vie dans nos campagnes et montagnes. Mais il prend de l’ampleur. Il est grand temps de se réveiller et de modifier nos comportements. Je veux que mon fils court après les sauterelles, les coccinelles et autres bestioles. Les citoyens prennent heureusement conscience de tout cela. La jeune génération n’est pas dupe. Je crois que les choses bougent et s’orientent dans la bonne direction. Tout n’est pas fichu.

J’ai marché huit heures. Seul. Pris le temps de regarder, de profiter des paysages, de penser. Un grand bol d’air qui redonne des forces et de l’envie. Sorte de « reset » qui tombe à point. La période est dense. Les idées fusent, les travaux se concrétisent, les projets s’empilent. Cette année sera riche. Peut-être même décisive. Un tournant s’amorce, je le pressens.

Macron hier soir

On débattra longtemps du fond de l’interview du Président de la République Emmanuel Macron diffusée hier soir sur RMC, Mediapart et BFM-TV. Mon propos n’est pas ici même si face à Edwy Plenel et Jean-Jacques Bourdin l’exercice n’était pas des plus simples. Je trouve d’ailleurs que le Président s’en est très bien tiré. Peu d’hommes ou de femmes politiques contemporains auraient réussi un tel débat. S’y seraient-ils risqués d’ailleurs ?

Les temps ont changé. Voilà ce que révèle d’abord cet exercice médiatique inédit. On peut utiliser de nombreux adjectifs pour décrire ce moment de la vie politique française, mais certainement pas  » complaisant « . Deux heures quarante d’interview sans retenue, sans langue de bois, avec des questions dures, souvent orientées et des réponses parfois compliquées ou techniques, mais des réponses. Je note d’ailleurs que la Droite critique (LR et FN), mais sans faire avancer le débat, alors que la Gauche (PS, LFI et PCF) est plus nuancée et assez satisfaite de la forme et de la pugnacité des deux journalistes.

On vit dans un beau pays. Voilà ce que je voudrais dire à mes compatriotes au lendemain de cette interview. Même si tout n’est pas parfait, naturellement.
On était loin d’un acte théâtral. Les journalistes n’étaient pas tenus. Le Président a répondu sans détour et n’a jamais esquivé une question.
Dans quel pays un tel exercice est-il transposable ? La Chine, La Russie, la Turquie, les USA, la Hongrie, la Pologne… ?

En France, le peuple est libre ; la presse aussi. La justice fonctionne. La corruption n’est pas endémique. On est loin d’une oligarchie ou d’une dictature. N’oublions jamais cela. Ne nous laissons pas aveugler par des réponses faciles et souvent futiles. Tout peut très vite basculer.

Propulseur à eau

BlackSky est une constellation de plusieurs dizaines de microsatellites destinés à l’observation de la Terre. BlackSky se caractérisera par une fréquence de passage élevée, supérieure à celle de Planet par exemple, et par une offre de services assez large. Les premiers microsats de cette constellation devraient être lancés dans 1 an par un lanceur Falcon 9 de Space X.

Les satellites de BlackSky seront propulsés par le système Comet de Deep Space Industries.

Comet est un résistojet, un propulseur de type électrothermique. Le principe de base d’un résistojet est relativement simple : un ergol sous forme gazeuse est porté à haute température en traversant des éléments chauffants puis détendu à travers une tuyère. La détente transforme l’énergie thermique du gaz en énergie cinétique. La vitesse finale, donc l’impulsion spécifique générée par le système, dépend de la température qui se situe en général entre 1000 °C et 2000 °C. La poussée produite est plutôt liée au débit d’ergol qui peut être assez grand.
Ce type de propulseurs vole depuis les années 1960. L’impulsion spécifique est assez basse, autour de 100-200 s, i.e. comparable aux moteurs chimiques, mais la poussée, comprise entre 10 mN et 1 N, est relativement grande pour un système électrique. Via une optimisation des échanges de chaleur, le rendement peut dépasser 50 %.

Les résistojets sont bien adaptés pour les microsatellites. Le système est compact, simple, facile à intégrer et fonctionne à basse tension, donc peu onéreux. De plus l’efficacité est élevée. Par contre la faible Isp oblige à emporter une quantité d’ergol importante pour réaliser le Delta-v envisagé.
En plus de Comet, il y a d’autres systèmes disponibles chez Busek, SSTL, Mars Space Ltd ou à la TU de Delft par exemple, dont certains ont déjà volé.

En ce qui concerne les ergols pour les résistojets, de très nombreuses études ont été conduites et plusieurs composants ont été testés, voire utilisés, tels que l’ammoniac (NH3), l’hydrazine (N2H4), H2, N2, O2, Xe…
Le propulseurs Comet emploie de l’eau. Plusieurs résistojets ont déjà été testés avec H2O et certains (e.g. SSTL) ont été embarqués sur des satellites et utilisés pour des manoeuvres. L’eau est attractive en propulsion spatiale car son prix est bas, elle n’est pas toxique, se manipule facilement, il n’y a pas de risque de contamination du véhicule et elle se stocke sans difficultés sous forme liquide. Néanmoins ses propriétés physiques (e.g. chaleur latente de vaporisation) conduisent à une dépense énergétique importante.

Le lecteur intéressé trouvera d’autres informations sur BlackSky et Comet dans un article récent de Rémy Decourt publié sur le site Futura Science.

Propulseur aérobie

L’Agence Spatiale Européenne a publié sur son site le 5 mars dernier un article intitulé : « World first firing of air breathing electric thruster« . Il s’agit d’une brève description d’essais d’un propulseur électrique pour satellites fonctionnant avec de l’air comme carburant, c’est à dire d’un propulseur aérobie.

L’objectif est d’utiliser le gaz ambiant comme carburant pour limiter, voire annuler, la masse de carburant embarquée. Les propulseurs de Hall et les moteurs ioniques à grilles couramment employés sur les satellites géostationnaires fonctionnent avec du xénon, un gaz rare onéreux. En remplaçant le xénon par de l’air, on réduirait fortement la masse totale du satellite, ce qui se traduirait par une baisse significative du coût. On comprend donc l’intérêt de tels travaux.
Le journaliste Rémy Decourt, du magazine en ligne Futura Sciences, a publié récemment un article sur les propulseurs aérobies, auquel j’ai participé : « Ce moteur ionique étonnant carbure à l’atmosphère ».

Un tel propulseur ne peut fonctionner correctement qu’à une altitude relativement faible, autour de 150 km, car la densité de l’air diminue lorsque l’altitude augmente. Mais même à cette altitude, l’ensemble propulsif doit être équipé d’un collecteur ayant un diamètre relativement grand, générant donc une force de traînée supplémentaire, et d’un système de compression du gaz avant son injection dans la chambre à décharge plasma du propulseur. Un propulseur aérobie est donc un propulseur plus complexe, plus lourd et plus encombrant qu’un propulseur classique opérant avec du xénon.
Néanmoins, l’option aérobie est sans doute intéressante pour certaines missions à basse altitude car la durée n’est alors plus limitée par la quantité de carburant embarquée. Je pense en particulier à des missions scientifiques telles que GOCE.

Il y a déjà eu de nombreuses recherches dans le passé sur des propulseurs aérobies basés sur des PH, MIG, PPT et arcjets. On a par exemple étudié dans mon équipe les performances d’un propulseur de Hall fonctionnant avec de l’azote (N2). Les travaux dans leur ensemble montrent que les performances en termes de poussée et rendement sont relativement faibles, bien inférieures à celles obtenues avec du xénon. Cette détérioration a deux origines principales : i) l’énergie d’ionisation de N2, O2 et O est élevée et ii) de part leur faible masse ces composés ont un temps de résidence dans le propulseur relativement court. Mais la baisse du rendement, point négatif, peut largement être compensée par le gain lié à l’emploi d’un carburant  » externe « . Pour les PH et MIG, il faut aussi résoudre le problème de la cathode et du neutraliseur qui fonctionnent actuellement avec un plasma de xénon et dont les matériaux sont sensibles à l’oxygène.

On peut bien sûr imaginer d’autres carburants pour d’autres missions. La société américaine BUSEK développe par exemple un concept similaire mais pour l’exploration de la planète Mars dont l’atmosphère est composée majoritairement de CO2.

Stephen Hawking

Un brillant physicien vient de nous quitter. Un grand Homme également.
Son intelligence hors-norme, son courage face à la maladie et aux épreuves, son humour tout britannique et ses réflexions philosophiques en ont fait un véritable symbole. Je dirai qu’il était incomparable, ce qui ne fait qu’accentuer le poids de sa disparition.

Sur un plan personnel, S. H. a, inconsciemment bien sûr, joué un rôle dans mon orientation et mon parcours, avec d’autres grands scientifiques tels que Erwin Schrödinger , Roger Penrose (ami de S. H.), Hubert Reeves, Ilya Prigogine, Louise De Broglie, Bertrand Russell…
J’ai découvert Stephen Hawking alors que j’étais un jeune adolescent en lisant Une brève histoire de temps, l’un des plus célèbres et des plus populaires ouvrages sur la physique. J’ai ensuite lu la plupart de ses livres (L’Univers dans une coquille de noix, Sur les épaules des géants, Y a-t-il un grand architecte dans l’univers ? ), certains de ses articles scientifiques et plusieurs textes liés aux nombreuses conférences qu’il a donné à travers le monde tout au long de sa vie.
Ce que j’ai toujours apprécié chez cet homme, en plus de ses travaux scientifiques en cosmologie et en mécanique quantique, c’est sa liberté de penser et ses profondes réflexions sur le Monde et nos sociétés.

Je le rejoins lorsqu’il dit en 2014 que le développement de l’Intelligence Artificielle n’est pas sans risques pour la race humaine. Nos capacités – limitées – ont été forgées par l’évolution sur une très longue période. Elles pourraient être dépassées, ce qui nous rendrait obsolètes, inutiles.

Je partage ses préoccupations face à notre capacité à survivre aux défis majeurs qui sont à nos portes, à savoir le réchauffement climatique, la pollution, la surpopulation. Sans une modification radicale de nos comportements, de notre vision, de nos valeurs, la probabilité est faibe que l’humanité s’en sorte. Alors lorsque j’analyse la situation actuelle aux USA, en Russie, en Chine, en Italie, en Europe de l’est… Je ne me sens pas rassuré quant à notre avenir.

L’Espace est-il la solution ? Le destin de l’Homme est-il cosmique ? Stephen Hawking soutenait le projet Breakthrough Initiatives dédié à la recherche de la vie extraterrestre. Même si je considère le volet Breakthrough Starshot, qui vise à envoyer un très grand nombre de micro-sondes spatiales (propulsées à priori par des voiles solaires) à destination d’Alpha du Centaure, ambitieux mais pertinent, je ne peux me résoudre à croire que les cieux sauveront l’humanité.
Il faudra des décennies, voire des siècles, et des ressources gigantesques pour qu’une infime partie de l’Humanité s’évade, car l’Homme tel qu’il est aujourd’hui n’a pas été conçu pour voyager et vivre dans l’espace mais pour s’épanouir sur la Terre.

NDDL

Je reviens sur la décision prise par le gouvernement d’E. M. au sujet de l’aéroport de Notre Dame des Landes dans la Loire Atlantique maintenant que la pression est retombée et que l’attention se concentre sur le site de Bure dans la Meuse où un centre d’enfouissement de déchets nucléaires est à l’étude.

Finalement, la construction d’un aéroport sur la commune de NDDL n’aura pas lieu. En contre partie, l’aéroport Nantes Atlantique sera modernisé et agrandi. C’est une sage décision et je tiens ici à féliciter le gouvernement pour avoir mis un terme à un projet et une polémique débutés il y a presque cinquante ans. Il fallait trancher et passer à autre chose.

Entrons-nous dans une nouvelle ère ? Je l’espère. Ce projet d’aéroport me semblait dépassé. Notre préoccupation majeure doit être aujourd’hui la préservation de notre monde et de facto la modification de notre mode de vie. Il faut penser aux générations à venir et à notre héritage. Il est grand temps d’arrêter d’être égoïste. Le choix d’E. M. va pour moi dans cette direction. On a préféré la terre aux avions. Réjouissons-nous. Ce n’est qu’une petite goutte d’eau, mais comme je le dis souvent « la somme de quantités infiniment petites peut-être infiniment grande ».
Je salue aussi la détermination des zadistes qui malgré les menaces n’ont jamais baissé les bras. J’ai entendu les critiques nombreuses contre un gouvernement qui auraient cédé face à une bande de jeunes extrémistes (sous-entendu de gauche) prêts à en découdre. Je n’y crois pas. La cause était juste et orientée dans le sens de l’histoire. Rien à voir entre parenthèses avec quelques bonnets rouges qui font plier F. H. pour des raisons politiques, renvoient aux citoyens une facture de plusieurs centaines de millions d’euros et mettent un terme à un projet utile qui aurait probablement modifié nos habitudes dans le bon sens.

Falcon Heavy

Décollage de la fusée Falcon Heavy de Space X depuis Cap Canaveral le 6 février 2018.

Je viens de regarder en direct (21h45 heure de Paris) le lancement de la fusée Falcon Heavy depuis Cape Canaveral sur le site de Space X. Avec ses 27 moteurs Merlin 1D qui lui donnent la capacité de placer 63,8 tonnes de charge utile en orbite basse, Falcon Heavy est aujourd’hui le lanceur le plus puissant en service. Mais il reste néanmoins loin derrière la gigantesque fusée Saturn V.

Waouh ! Extrêmement impressionnant. Une superbe réussite pour l’entreprise d’Elon Musk. Un fait majeur dans l’histoire de l’Homo-Spatialis. Le 6 février 2018 ne sera plus désormais un jour comme les autres. Et que dire de l’atterrissage synchronisé des deux boosters latéraux ! Un moment presque magique. Je vous invite à visionner cette séquence si vous ne l’avez pas vue.

Même si l’étage central n’est pas récupéré (pour l’instant Space X ne donne pas d’information sur l’atterrissage prévu sur la barge en mer), c’est un grand événement qu’il faut célébrer. Un pas de plus vers la conquête du système solaire.
Les images du Tesla Roadster voguant dans l’espace avec Monsieur Starman équipé de sa combinaison spatiale étaient elles aussi à couper le souffle.

Il y a du génie dans tout ça. Il est évident que Space X a encore plusieurs longuers d’avance, mais un tel événement suivit par des millions de personnes ne manquera pas de motiver les concurrents. L’histoire est loin d’être terminée. Tant mieux.

PS : J’ai eu la chance de visiter le complexe de lancement 39 (LC 39) de Cape Canaveral, d’où sont partis Saturn V et la navette spatiale, il y a deux ans et demi. Le pas de tir 39A était alors en cours de réaménagement pour accueillir le lanceur Falcon Heavy.

Une interview de S. Tesson

Il faut lire cette interview de Sylvain Tesson parue dans le journal Le Figaro lundi.
Sylvain Tesson, écrivain, explorateur, penseur et plus encore, y parle de nos sociétés contemporaines et de l’accélération tous azimuts ô combien dangereuse qui les caractérise. Tout va vite, très vite, de plus en plus vite, mais dans quel but ? Et avec quelles conséquences ? ST donne aussi son avis, très pertinent à mes yeux, sur l’homme augmenté, duquel on s’approche à grands pas ainsi que sur la croyance béate en la technologie et la science non réfléchie. Là aussi le risque est grand.
En quelques mots, je dirai que Sylvain Tesson nous interpelle au travers d’un texte superbe parsemé de références justement choisies sur un possible cauchemar à portée de mains.

Si vous n’avez pas accès au Figaro, l’article est disponible ici.