Alerte sur Science & Vie

Je relais ici un message que je viens de recevoir de la part d’une journaliste de Science & Vie avec laquelle j’ai travaillé à plusieurs reprises : Science & Vie en danger.

Des menaces sérieuses pèsent sur ce magazine dont nous avons tous feullieté les pages dans notre enfance, ou plus tard. Je trouve cela à la fois grave et dangereux dans une époque détestable où l’obscurantisme progresse chaque jour, où les fakes news dominent les faits établis, où les charlatans prolifèrent. Ce magazine, avec d’autres, présente de manière simple et accessible au plus grand nombre, des résultats objectifs et des études certifiées par la communauté scientifique. On y donne aussi des clés pour comprendre le monde qui nous entoure, son origine, nos origines et pour imaginer ce qu’il deviendra. La disparition d’une source d’information neutre qui relate des faits incontestables ne sera pas sans conséquences. Faut-il laisser Internet et les Réseaux Sociaux éduquer nos enfants ? Faut-il laisser aux seuls prophètes et ripoux nous dire ce qui est vrai et ce qui est faux ? Ma réponse est sans appel : non !

Prix Nobel de physique

Le prix Nobel de physique 2018 vient d’être attribué à Arthur Ashkin (Amérique), Gérard Mourou (France) et Donna Strickland (Canada) pour leurs travaux sur les lasers et leurs applications.

Il faut se réjouir qu’un français soit lauréat de ce prestigieux prix. Il est le treizième physicien français récompensé depuis la création du prix Nobel en 1901. On lui doit la mise au point d’une technique permettant la génération d’impulsions lumineuses ultra-courtes dont la puissance peut atteindre le péta-watt.
A l’opposé on doit regretter que la canadienne Donna Strickland soit seulement la troisième femme à être reconnue et distinguée.

Gérard Mourou est de la génération de ses prédécesseurs, Serge Haroche, Albert Fert, Claude Cohen-Tannoudji, Georges Charpak, Pierre-Gilles de Gennes. Je vous parle d’un temps… Les travaux de ces grands hommes de science, que le comité Nobel a salués, ont été menés entre les années 1950 et 1980. Une autre époque, celle où la science française rayonnait, où l’enseignement était solide, où les chercheurs ne passaient pas leur temps à courir après les crédits et les subventions, à rédiger des projets qui ne seront jamais financés, à faire des rapports que personne ne lira et à participer à des réunions aussi inutiles que stériles. J’ai eu la chance de connaître la fin de cette époque où un chercheur faisait le métier pour lequel il était payé. Mais c’était il y a déjà bien longtemps.

Je pronostique ici que dans vingt ans il n’y aura plus de prix Nobel français en physique et chimie. Alors il faut savourer celui-ci.

Tout va pour le mieux

Le trafic aérien devrait connaître une croissance extrême au cours des deux prochaines décennies. Les experts envisagent 5% de croissance par an au cours des quinze prochaines années. Pour répondre à cette très forte demande on prévoit la construction de près de 40000 nouveaux avions de ligne. Les chiffres sont vertigineux.
Les raisons de cet emballement sont diverses : la croissance économique et démographique de nombreux pays (la Chine est un parfait exemple), le tourisme de masse, la multiplication des compagnies à bas-coûts. On réfléchit désormais à modifier les règles du trafic aérien mondial pour s’accommoder d’un nombre d’appareils en vol jamais imaginé.

Les industriels se frottent les mains, tout comme les tour-operateurs. Les hommes politiques sourient. Les touristes sont heureux. Tout va pour le mieux. L’avenir sera radieux.

Il y a le bon côté de choses, bien sûr.
Mais il y a surtout le moins bon. A-t-on évalué la pollution générée ? La quantité de gaz à effet de serre émise ? L’impact global sur l’environnement ?
La menace est là. Terrifiante. Il nous reste peu de temps pour agir (s’il n’est pas déjà trop tard). Et que fait-on ? On ferme les yeux. On vit dans le déni. On imagine une croissance infinie. On compte les milliards de dollars qu’une minorité se partagera.
Tout cela est si triste, si désespérant.
Les années défilent… Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

John McCain

John McCain s’en est allé il y a maintenant une semaine.
De ce que j’ai pu lire et entendre depuis des années, ici et aux Etats-Unis, John McCain était un sénateur républicain apprécié et respecté en Amériques, même au sein du camp démocrate.
Ses funérailles ont eu lieu hier. Les trois derniers présidents y ont pris part, mais pas celui élu en novembre 2016 car il n’était pas le bienvenu. Il a d’ailleurs profité de ce temps libre pour aller jouer au golf, un sport où il excelle. Il passerait en moyenne vingt pourcents de son temps dans des golfs.

John McMain va manquer aux américains et sans doute au reste du monde. Il avait des valeurs, des principes, une vision pour l’Amérique dont il comprenait la position et le rôle sur l’échiquier mondial. On ne peut pas en dire autant du nouveau.
On peut ne pas partager les idées du sénateur mais il faut admettre qu’il était un rempart solide contre Donald Trump et sa politique de l’instant présent. Qui est capable aujourd’hui dans le camp républicain de protester et de s’opposer avec force ?
Trump a eu raison d’aller fouler un green. Une belle journée pour lui.

Bachellerie

Cherchez la sphère blanche qui abrite le radar de Bachellerie.

Randonnée de 52 kilomètres hier. J’ai marché pendant dix heures. Un magnifique ciel bleu. Une température ne dépassant pas les 24 degrés. Moment idéal.

J’étais bien. Seul, loin de tout, à l’abri d’un monde qui tourne trop vite. Je me suis vidé la tête, comme à chaque longue marche. J’ai revu le passé, imaginé le futur, pensé à tout, et surtout à rien. Se laisser porter.

Je me suis rendu à Bachellerie dans les monts de Blond. Aller-retour. Je me suis enfin – j’ai eu si souvant l’envie – retrouvé au pied de cette tour dont le dôme situé au sommet abrite une radar pour l’aviation. Combien de fois ai-je aperçu sa silhouette depuis le jardin de la maison de mes grands-parents à Rochechouart ?

C’est à quelques dizaines de mètres de cette construction, qui n’existait pas à l’époque, qu’un avion Nord-Atlas de l’armée française s’est écrasé le 3 mai 1965. Il n’y eut aucun survivant.

Washington D. C.

The United States Capitol

Je viens de séjourner une semaine à Washington, pour le congrès MPCS 3 mais aussi pour des réunions de travail. Puis j’ai pris deux jours pour visiter cette ville. J’étais déjà venu sur les rives du fleuve Potomac en 2013 pour le congrès IEPC, mais, faute de temps et à cause du ShutDown, je n’avais pu voir que les lieux les plus symboliques de la capitale des Etats-Unis d’Amérique.
Cette fois j’ai parcouru 62 kilomètres, sous une forte chaleur et avec un taux d’humidité supérieur à quatre-vingt pourcents.
J’ai commencé par le Air and Space Museum avec mon ami Francesco. On y trouve un résumé parfaitement illustré de l’histoire de l’aviation et de l’aérospatial avec quelques superbes pièces dont la capsule d’Apollo 17 et une maquette à l’échelle 1 du télescope spatiale Hubble dont j’avais jusqu’ici largement sous-estimé les dimensions.

Target, Jasper Johns, 1958

J’ai ensuite visité la National Gallery of Arts. Je me suis en particulier régalé dans l’aile Est où se trouve les collections d’art moderne avec des œuvres de Johns, Picasso, Lichtenstein, Warhol, Kandinsky, Pollock, Magritte, Klein… Puis je me suis rendu au mémorial de T. Jefferson, A. Lincoln, M. Luther-King Jr., F Roosevelt, Einstein… ainsi qu’au Washington Monument, l’obélisque géante réalisée en l’honneur de G. W. et qui est alignée avec le Capitole et le A. L. memorial. Et je n’ai pas oublié de faire un détour par le Capitol et la White House, sans apercevoir D. Trump.

MPCS 3

Je viens de participer à la 3ème édition du congrès international MicroPropulsion & CubeSats. Après Bari et Singapour, le congrès, organisé par mon collègue Michael Keidar, se déroulait à Washington D. C. Nous étions une soixantaine de scientifiques, majoritairement américains, réunis à l’Université G. Washington pendant deux jours pour débattre des avancées et nouveautés dans ce domaine en expansion rapide.
Contrairement aux deux premières éditions, un très faible nombre de conférences étaient dédiées aux propulseurs de Hall miniatures, ce qui montre que cette technologie devient mature, avec de nombreux acteurs, mais aussi que les autres technologies progressent.
Plusieurs présentations concernaient les propulseurs ElectroSprays, FEEP, PPT et VAT, avec des exemples de missions passées et à venir ainsi que les retours en vol des missions réalisées par des cubesats équipés des FEEP d’Enpulsion.
On a également parlé des développements des propulseur à micro-ondes de type résistojets (faible impulsion spécifique et forte densité de poussée) avec des carburants alternatifs type S02, H20, NH3, tels que ceux proposés par les sociétés Vacco et Momentus. Busek a révélée les dernières avancées sur son petit moteur ionique à grilles à di-iode équipée d’une cathode RF dérivée de leur moteur car l’iode reste difficile a employé avec cathodes à émetteurs thermoioniques.
Il a bien sûr été question de simulations numériques et de travaux plus fondamentaux, notamment sur les tuyères magnétiques. De notre côté, j’ai présenté les premiers résultats de Diffusion Thomson Incohérente obtenus sur une cathode et un propulseur de Hall de 200 W. Ces études ont été accueillies avec enthousiasme par la communauté ; une fois encore, la France est en avance.

La prochaine édition du congrès MPCS se tiendra à Pékin en Chine en Mai 2019. Quant à la cinquième édition, elle sera organisée en France à Toulouse par moi-même et mon ami Laurent Garrigues avec le soutien du CNES.

Bravo

Je ne suis pas un afficionado du football. Je m’intéresse seulement aux grandes compétitions lorsque l’équipe de France est qualifiée.
J’ai donc suivi la coupe du monde cette année. De loin au début, puis plus sérieusement lorsque la France a atteint les quarts de final.
J’ai bien sûr regardé la finale hier en fin d’après-midi, en famille. Première mi-temps largement dominée par l’équipe Croate même si on mène à la mi-temps. Deuxième mi-temps à l’avantage des Bleus. Délivrance au coup de sifflet final même si le quatrième but nous mettait à l’abris d’un revirement malgré les efforts des croates.
Une final gagnée. Une deuxième étoile. Bravo les Bleus. Félicitations à cette jeune équipe sympathique que l’on a envie de soutenir. On prend du plaisir à les voir jouer et, fait plus rare, à les écouter parler. Bravo aussi à Didier Deschamps sans qui le résultat aurait peut-être (sans doute) été différent. Excellent travail. Un bel exemple de chef qui conduit ses troupes à la victoire. Discret mais efficace.
J’avais 25 ans en 1998. J’étais en thèse de doctorat à Eindhoven. Ne croyant pas à la victoire de Bleus j’avais refusé l’invitation d’amis à les rejoindre à Paris. Dommage. J’avais suivi la fête à la télévision. J’étais en France hier soir. Content. Maquillé. A crier et à agiter des drapeaux avec Paco. A me réjouir des coups de klaxons, des chants et des feux d’artifice.
Bravo à tous. A dans quatre ans et demi. Je serai là et vous aussi bien sûr.

PS : j’apprécie cette équipe et les valeurs qu’elle porte. J’aime voir mon Président s’exprimer et laisser ses sentiments prendre le dessus. J’aime voir mon pays en bleu-blanc-rouge faire la fête, les citoyens heureux même si cette période d’auphorie sera courte. La réalité reprendra le dessus. Alors savourons ces moments.

Dîner au Lift

L’amie de Stéphane Eicher voulait déjeuner en paix. Nous avons dîner hier soir avec Estelle au Lift. En paix.
Cadre des plus agréables, le soleil qui se couche derrière les vieilles bâtisses d’Orléans et la fraîcheur qui s’installe.
Mets raffinés et délicieux accompagnés d’un excellent vin rouge de Loire. Champagne pour terminer.
Une pause. Prendre enfin son temps, arrêter de suivre on ne sait quoi dans un monde qui accélère sans cesse. Courir toujours plus vite mais dans quel but ? Il y a un air de fin dans tout ça.
On a oublié pendant quelques heures et profité de l’instant présent. Parlé, bu, mangé, parlé…
Revu des amis et pris rendez-vous pour un dîner.
On a goûté les secondes. Quel plaisir. J’avais presque oublié.

Une journée pas ordinaire

Déjeuner en tout début d’après midi à la Brasserie Rivié de l’hôtel Hoxton dans le quartier du Sentier à Paris.
Lieu calme et charmant au coeur de Paris. Bonne cuisine, bon service. Endroit idéal pour une réunion.
J’y ai retrouvé un vieil ami, 14 ans après notre première rencontre à Savannah en Géorgie.
Il y avait aussi des amis à lui venus des Etats-Unis. D’autres nous ont rejoint via Skype depuis le nord de l’Europe et la Grèce.
On a parlé, beaucoup. Fait le point. On s’est projeté à court et à moyen terme. Nous sommes d’accord et enthousiastes depuis le départ donc tout était simple et fluide.
Nous étions heureux d’être là, et fiers de ce projet, de cette belle aventure qui commence.
Ils sont confiants. Je suis confiant. On ira loin, dans tous les sens du terme.

Ce 10 juillet 2018 est à marqué d’une pierre blanche.
Ce n’est pas un jour comme les autres.
J’en reparlerai dans 10 ans, dans 20 ans en expliquant que tout a commencé là, autour d’une table, un verre de délicieux vin blanc à la main.
Cheers!