Periscope

Je connaissais bien sûr  l’application Periscope de nom.
Mais hier j’ai eu l’occasion de la mettre à profit. J’en suis sortit enchanté et convaincu de son utilité.

J’étais au  Palais de la Découverte à Paris où se tient toujours notre exposition « Explorons l’Univers avec la Propulsion Ionique » (voir mon billet du 27 mars). En plus du public de visiteurs, je recevais des collègues de l’INSIS du CNRS et des étudiants de l’IPSA.
Les responsables de la communication du CNRS m’ont proposé d’utiliser Periscope pour interagir en direct avec des internautes. Je me suis volontiers prêté au jeu. La vidéo est disponible ici.
J’ai ainsi pu répondre pendant vingt minutes à de nombreuses questions sur la propulsion, partager mon point de vue et présenter les travaux de mon équipe.
J’ai sincèrement apprécié ce moment d’échange et j’ai pu mesurer le potentiel et l’intérêt de Periscope.
On réfléchit désormais avec mes étudiants à une utilisation plus systématique de l’outil pour tenir informé tous les passionnés sur nos recherches et les avancées dans le domaine de la propulsion spatiale.

Space Propulsion 2016

J’étais à Rome il y a une semaine où se déroulait le 5ème congrès Space Propulsion, après avoir participé aux quatre éditions précédentes en Sardaigne, en Crête, à Bordeaux et à Rome.
Il y avait cette année un nombre record de participants, avec plus de 600 congressistes. Ce congrès a été l’occasion de revoir de nombreux collègues et amis, de discuter de projets en cours et futurs et de présenter les travaux de l’équipe sur l’écrantage magnétique pour les PH, sur les cathodes et sur le propulseur AIPE à plasma ion-ion.
Sur l’ensemble des sessions plénières, je retiendrai les mots clé suivants : collaboration (entre nations), entrepreneuriat (à développer), puissance nucléaire comme source d’énergie et low-cost (il faut réduire les coûts, des lancements mais aussi des plateformes donc des systèmes propulsifs, chimiques et liquides). Il a également beaucoup été question des méga-constellations de micro satellites, comme le projet One Web.
En ce qui concerne la PE, je retiendrai la forte activités de recherches sur les cathodes, l’intérêt porté aux carburant alternatifs tels que le di-iode et les avancées en micro-propulsion.

J’ai aussi profité de ce séjour pour visiter la ville de Rome avec Estelle sous le soleil. C’est l’une des plus belle ville que j’ai eu l’occasion de parcourir avec des surprises à chaque coins de rue, de superbes monuments à profusion et une ambiance italienne inimitable.

 

Red Dragon

Space X, que je ne présente plus, vient d’annoncer l’envoi en 2018 d’une capsule non habitée basée sur le vaisseau cargo Dragon vers la planète rouge. C’est l’opération Red Dragon. Rien de moins que la première mission privée vers Mars avec comme objectif premier la démonstration de la faisabilité d’un déploiement massif de matériel sur le sol martien.

La capsule sera lancée par la fusée Falcon Heavy, trois fois plus puissante que l’actuelle Falcon 9, et qui devrait effectuer son premier vol en fin d’année. Le calendrier est donc serré pour la firme d’E. Musk.
On en saura plus lors du prochain congrès IAC qui se tiendra à Guadalajara au Mexique en septembre.

Space X prend une autre longueur d’avance. Je ne serais pas surpris de voir E. Musk atteindre son rêve et installer une colonie sur Mars. C’est l’audace et la prise de risques qui font la différence. C’est aussi la marque des grands hommes.
L’Europe est loin derrière avec son lanceur Ariane 6 dont le premier vol est prévu vers 2020.
Il nous reste l’option du Village Lunaire, idée que défend l’actuel directeur de l’ESA et à laquelle j’adhère. La Lune me semble être l’étape obligée avant d’envisager aller plus loin. On pourrait apprendre beaucoup sur nos capacités à vivre en dehors de la Terre. On pourrait aussi y développer des technologies d’exploitation des ressources et de construction de systèmes spatiaux. Cela rendrait l’exploration du système solaire plus sure et moins coûteuse.
Hélas je ne ressens pas beaucoup d’enthousiasme dans la communauté.

En Marche !

Ceux qui me connaissent bien le savent. J’ai vécu la transformation de l’UDF en Mouvement Démocrate et j’ai suivit activement F. Bayrou pendant des années car je suis un centriste convaincu. Hélas, le MoDem est moribond, sans pouvoir et sans rôle dans la vie politique. Je suis aujourd’hui persuadé qu’il ne renaîtra jamais. Comme je l’ai souvent répété, nous avons eu notre chance avec une France prête à nous suivre mais nous n’avons pas su concrétiser cet élan sans doute d’une absence de stratégie offensive et par manques de cadres expérimentés.
Mais l’esprit Centre n’est pas mort. Bien au contraire.

Alors, après une longue réflexion, j’ai décidé de rejoindre le mouvement En Marche ! d’Emmanuel Macron.
Parce que j’apprécie l’homme. Parce que ses idées et convictions sont pour la plupart les miennes depuis longtemps. Parce que j’y vois une occasion de changer de voie, de bousculer les lignes établies.

Mes amis, je vous invite à faire de même. Pour que la France, ce pays que j’aime, retrouve son rang et sa vigueur. Pour que les français reprennent confiance en eux et en l’avenir. Pour que l’Europe est un sens et un avenir. Pour que 2017 ne soit pas la version sombre de 2002.
En marche !

Le Prince s’en est allé

J’ai appris la nouvelle hier en début de soirée à la radio, comme tant d’autres.
Prince, le kid de Minneapolis, a tiré sa révérence.
La nouvelle m’a ému. D’abord parce que la mort d’un individu est triste, quelles que soient les circonstances. Ensuite parce que les chansons de Prince ont bercé mon adolescence et mes premiers pas dans la vrai vie. Qui ne connait pas Purple rain, Batdance, Cream, Kiss… ?
C’est un artiste de génie qui nous quitte, une personnalité à part qui aura marqué la musique de son époque et dont l’héritage culturel est immense.
Repose en paix petit Prince.

Monts de Blond

Randonnée hier dans les monts de Blond en Limousin.
Un boucle de 19 km entre Boscartus et sa pierre branlante et Montrol-Sénart. Ces noms parlent à certains d’entre vous, je le sais.
Le sol était très humide et les cours d’eau chargés à cause des pluies des derniers jours mais le temps était parfait avec peu de nuages et une température autour de 17 degrés. J’ai pu voir pendant six heures une nature qui commence à renaître avec de belles nuances de vert.

Voilà vingt ans que je n’étais pas revenu dans les monts de Blond. Ils sont moins sauvages qu’auparavant avec de nombreux aménagements pour les visiteurs et randonneurs, c’est à la mode, mais s’y balader est toujours aussi agréable avec ces petites montagnes, ces bois et forêts à perte de vue et surtout ces magnifiques chaos rocheux. J’y ai aussi vu des villages et hameaux en pleine renaissance avec des maisons et corps de ferme rénovés qui donnent envie d’y faire une pause, et pourquoi pas, de s’y installer au calme.
Je reviendrai dans le Monts de Blond, et cette fois-ci je n’attendrai pas deux décennies.

Of course I still love you

Non, ce n’est pas une déclaration d’amour, même si ça pourrait.
C’est le nom de la deuxième barge autonome de récupération du lanceur Falcon 9 de Space X. La première s’appelle « Just Read the Instructions ». Les noms ont été donnés en hommage à l’auteur de science fiction Iain M. Banks. Ces deux noms apparaissent dans la nouvelle intitulée « The Player of Games ».

Un clin d’oeil à Space X donc qui vient de poser avec succès le premier étage de sa fusée Falcon 9 sur Of course I still love you. Je vous invite à voir la vidéo. Les images sont impressionnantes.
Une première, une de plus, après la récupération réussit d’un autre étage en décembre dernier sur la terre ferme. Félicitations à Elon Musk et à toute son équipe. Champagne et cigare cette fois.

Space X prend de l’avance, en particulier sur Arianespace et ASL qui préparent Ariane 6. Ces derniers vont devoir aller vite et prendre des risques, ce qui n’est hélas pas dans les habitudes européennes.

 

Exposition au Palais de la Découverte

L’exposition Explorons l’Univers avec la Propulsion Ionique a débuté au Palais de la Découverte à Paris la semaine dernière. Elle se terminera le 29 Mai prochain.
Cette exposition s’inscrit dans le cadre du concept Un Chercheur – Une Manip qui consiste à faire communiquer des chercheurs directement avec le grand public à travers des conférences-échanges-débats et des expériences avec l’espoir de créer ou consolider des vocations.
Lorsque nous avons été sélectionnés il y a 10 mois, grâce à l’impulsion de mon amie et collègue Sedina, nous nous sommes lancés un défi de taille : construire en 9 mois, en partant de zéro, une installation dédiée à la propulsion électrique pour les satellites et les sondes spatiales. Pari gagné grâce au travail acharné et à l’enthousiasme de tous les membres de l’équipe. Mes remerciements vont en particuliers à Denis, Guillaume, Julien, Lou, Nicolas, Romain et Sedina. Un grand merci également à Romain (n°2 ou du Palais), qui n’a pas compté la dépense énergétique, et sans qui tout cela n’aurait sans doute pas abouti.

Si vous faites un tour au Palais de la Découverte dans les semaines qui viennent, vous verrez ainsi une expérience complète de propulsion électrique qui montre le propulseur de Hall ISCT-100 de 100 W en fonctionnement avec du xénon dans une petite chambre à vide (voir mon billet du 6 février). Vous pourrez également assister à des conférences données par les membres de l’équipe et débattre autour de la propulsion, de l’exploration de l’Univers et de bien d’autres sujets.

ISCT est un acronyme qui signifie : ICARE Small Customizable Thruster. Il s’agit du terme générique employé désormais pour tous les propulseurs de Hall développés dans l’équipe. Le ISCT-100 est l’un des plus petits propulseur de Hall au monde. Dans un avenir proche, un tel système pourrait équiper les petits satellites opérant à basse altitude pour des manoeuvres de transfert d’orbite, de compensation de traînée ou de correction de trajectoire.

Voir la bande annonce de l’événement. 

Vidéo du propulseur ISCT-100 en tir : démonstration de la production d’une poussée.

L’état d’esprit de nos rugbymen

Je suis un amateur de rugby, mes amis le savent.
J’ai suivit avec intérêt le récent tournoi des six nations. J’espérai beaucoup et je ne devais pas être le seul. Hélas, tout ce qu’il reste c’est un goût amer dans la bouche.
Une défaite hier soir au Stade de France pour notre dernier match. L’Angleterre nous bat et décroche le Grand Chelem. Trois défaites de rang et une très médiocre cinquième place. L’arrivée de Novès n’aura pas bouleversé les faits comme on l’espérait. On a beaucoup parlé d’envie, de combativité, d’un nouveau souffle. Il y a du vrai. Nos joueurs ont combattu fièrement, sans jamais baisser les bras. Mais quelque chose a manqué.

Et si les rugbymen français n’étaient finalement que le reflet de la société dans son ensemble ? Des atouts indéniables pour réussir, pour avancer, pour imposer sa vision et pour gagner, mais à l’arrivée une somme d’échecs. Car n’en sommes nous pas là ? La France est un grand pays, plein de mille richesses, pourtant nous reculons chaque jours un peu plus, pour ne pas dire nous sombrons. Le déclin est là, la peur aussi et le repli sur soi comme seule perspective.

Il nous manque la confiance en nous, en notre pouvoir de changer la donne, en notre futur. Qu’en je vois une partie de la jeunesse dans la rue s’opposer à toute idée de changement et s’inquiétant à 20 ans de sa retraite, je me dis que nous sommes tombés bien bas et qu’il est finalement possible que jamais plus nous nous relevions. Demain ne doit pas être une fatalité. Le monde évolue, acceptons le et participons à ce mouvement pour un jour pouvoir le contrôler et l’orienter. Arrêtons de nous lamenter et de louer des jours meilleurs qui sont derrière nous. Pendant ce temps là, les autres ne nous attendent pas. Ils avancent et chaque jour qui passe creuse un peu plus l’écart.

Où va l’Europe ?

Étrange accord signé cette semaine entre la Turquie et les vingt-huit membres de l’Union Européenne pour espérer régler la crise liée à l’arrivée de milliers de réfugiés. La Turquie bloquera donc le flux, soulageant ainsi la Grèce en premier lieu et le reste de l’Europe ensuite. Nous serons peut-être soulagés ; mais rien n’est garanti. Il est fort possible que très vite d’autres routes, plus au nord, s’ouvrent pour les migrants. Et puis quel sera l’avenir pour ceux bloqués dans les camps turcs ? Nul ne le sait exactement.

La seule réponse qu’a su trouver l’Europe face à ce problème sans précédent est donc une piètre négociation avec la république de Turquie et son leader Recep Tayyip Erdoğan. On versera quelques milliards d’euros et l’on a promis d’avancer sur le dossier de l’entrée de la Turquie dans l’UE. On a est là. L’afflux massif de réfugiés sur nos côtes puis dans nos terres, dont nous sommes en grande partie responsables après nos diverses interventions ratées en Irak, Syrie, Lybie et ailleurs et la montée en puissance en parallèle de l’Etat Islamique, a créé une crise politique interne et a révélé le piteux état de la construction européenne. De mon point de vue, la crise des migrants, comme on aime à l’appeler, démontre de façon simple et claire que l’Union Européenne n’existe plus, si tant est qu’elle ait un jour réellement existé. Et à cela s’ajoute la question du Brexit, la montée du nationalisme, et un rejet des instances de Bruxelles.

L’UE n’est désormais qu’une somme d’états où chacun regarde d’abord son propre intérêt. L’économie et les crises financières passées nous l’ont déjà prouvé à maintes reprises. Je pense même que l’Europe, où l’idéal que visait ses pères fondateurs, est moribonde, voir morte. Rien de moins. Il n’y aura pas d’Union sans un gouvernement fédéral, sans une armée et une politique de défense partagée, sans des règles identiques pour tous et sans un esprit Européen attaché à une vision, à un projet. Il n’y a aura pas d’Europe sans un porteur charismatique et fédérateur. Enfin, il n’y aura pas d’Union à 28, voire plus. C’est purement utopique. L’erreur fût sans doute de s’agrandir trop vite même si la chute de l’empire soviétique nous a forcé à faire des choix rapides.

Alors que faire ? Tout sauf baisser les bras car l’Europe est une belle idée qu’il faut préserver et faire vivre. Il faut se lever et agir.  Il faut donc avoir le courage d’affronter la réalité, avoir la force de proposer un autre projet aux contours plus réduits mais avec des objectifs ambitieux. C’est seulement ensemble que nous franchirons les caps, que nous pourrons répondre aux immenses défis qui nous attendent. Dispersés nous échouerons et l’avenir sera alors bien sombres. De cela je ne veux pas. Et je ne veux pas un jour avoir à dire à mon fils : « Nous savions mais nous n’avons rien fait. Nous sommes restés les bras croisés à attendre un miracle improbable ».