Sortir ou pas ?

Les britanniques vont se prononcer demain par référendum. La question posée est simple : rester ou bien sortir de l’Union Européenne. Les chancelleries tremblent ; les places financières aussi. Tout le monde retient son souffle. Si le Royaume-Uni sortait de l’UE qu’adviendrait-il de l’Europe ? Du reste du monde ? Un grand crac, aussi violent que la crise de 2008 ? Une mini secousse évaporée en quelques jours ? On a pu lire tout et son contraire ces dernières semaines dans la presse et sur Internet. Les experts des deux bords se sont relayés à la télévision et à la radio sans relâche. Mais personne ne possède avec certitude la réponse. Comme toujours lorsque l’économie et la finance sont au coeur du problème. Ce qui m’amène à chaque fois à penser que plus personne ne comprend désormais le fonctionnement et les rouages de notre société. Au mieux on fait des paris. Dans la cas du référendum britannique, chaque camp surenchérit et s’efforce d’effrayer la partie adverse. De bonne guerre.
Je reste cependant convaincu que le Royaume-Uni a plus en perdre qu’à gagner en cas de sortie car il se retrouverait isolé. J’ai d’ailleurs peu entendu les partisans du Brexit parler de l’après et expliquer comment le pays sera alors géré et avec quelles priorités et objectifs.

Dans quelques heures nous serons fixés.
Je souhaite que le Royaume-Uni reste et poursuive la grande aventure Européenne. Les britanniques y ont leur place et doivent jouer un rôle clé aux côtés de l’Allemagne, de la France, de l’Italie, de l’Espagne et des autres. Ma plus grande crainte en cas de Brexit n’est pas un grand chambardement de l’économie mondial. Les Anglais et les autres passeront le cap, plus ou moins vite, avec plus ou moins de casse.
Non. J’ai très peur d’un phénomène de contagion et d’un effritement de la construction européenne. Voilà le plus grand risque que D. Cameron a décidé de faire courir à l’EU : sa désintégration et sa perte.
J’espère que nos compatriotes seront faire le bon choix.

Funeste semaine

Ce fût une semaine funeste et terrifiante pour les démocraties.

Il y a d’abord eu ce massacre à l’arme lourde dans une boîte de nuit gay à Orlando revendiquée par l’Etat Islamique. Cinquante victimes et des dizaines de personnes traumatisées à vie. L’Amérique une fois de plus attaquée de l’intérieur. L’EI fait le jeu de Mr Trump en pleine campagne présidentielle. Ils le savent. Les Islamistes et autres fanatiques de tous bords cherchent à mettre le chaos sur la planète pour faire progresser plus facilement leur modèle nihiliste et totalitaire. Et Donald le cinglé les aiderait à atteindre leur but, je n’en doute pas une seconde à écouter ses discours extrémistes insensés.

Mardi deux policiers étaient sauvagement assassinés à l’arme blanche à leur domicile à Magnanville. Le terroriste s’est revendiqué de l’Etat Islamique. Le pays tout entier a été stupéfait et saisi d’indignation. Comment, en plein état d’urgence et alors que l’assassin était fiché et connu des services de sécurité français, est-il possible de tuer si facilement un couple de policiers chez eux ? A qui le tour demain ? Par cet acte barbare, l’EI nous déclare que personne n’est désormais à l’abri. La peur se répand dans mon cher pays. Elle risque de conduire à des actes et des choix démentiels, non raisonnés et lourds de conséquences. Le climat se dégrade à quelques mois des présidentielles. Cela aussi l’EI le sait, et le veut sans doute.
Et hier ce fut le tour de la députée britannique Jo Cox, tuée en pleine rue à Birstall par balles et à coups de couteau par un homme qui l’attendait à la sortie de sa permanence. Cette fois-ci l’acte terroriste est probablement lié à l’extrême droite, dont l’idéal de société ne vaut pas mieux que celui des islamistes. Ce meurtre presque inimaginable a eu lieu à quelques jours du référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’UE, le désormais célèbre Brexit. Jo Cox a peut-être payé de sa vie son engagement pour le maintien de son pays dans l’Europe des 28 ?

Je reste sans voix après cette terrible semaine. Triste et fatigué de tout ça. La série se terminera-t-elle un jour ? Je viens de lire que les attentats de l’EI ont tué en une année plus de 2500 personnes sur la planète. Où va donc le monde ? Les démocraties pourront-elles résister encore longtemps ?
Ce n’est pas comme cela que j’imaginais le XXIème siècle.

Escapade belge

J’étais la semaine dernière au Von Karman Institute for Fluid Dynamics à Waterloo dans la banlieue sud de Bruxelles.
Je participais à un séminaire OTAN sur la propulsion électrique : Electric Propulsion Systems: from recent research developments to industrial space applications. J’étais un des orateurs invité. J’ai donné un cours intitulé Laser-induced fluorescence spectroscopy applied to electric thrusters dans lequel j’ai détaillé la technique de spectroscopie de LIF et présenté ses applications en PE à travers une série de résultats récents.

J’ai aimé revenir au VKI où j’avais effectué un cours séjour en 2001, peu avant de soutenir ma thèse de doctorat à Eindhoven. J’ai d’ailleurs retrouvé sur place deux camarades avec qui j’avais sympathisé à l’époque et qui sont aujourd’hui en poste dans l’institut. C’est un lieu agréable, chargé d’histoire et mondialement réputé pour la qualité des recherches qui y sont menées. J’ai également revu plusieurs collègues et amis français et étrangers avec qui je prends toujours un grand plaisir à discuter, de science et de propulsion spatiale bien sûr, mais aussi de bien d’autres sujets.
Ce fut un beau séjour dans une région que j’ai toujours trouvé agréable. J’espère y revenir sans attendre 15 ans.
Une seule ombre au tableau, le retour à Orléans fortement perturbé par les grèves contre la loi travail du gouvernement.

Periscope

Je connaissais bien sûr  l’application Periscope de nom.
Mais hier j’ai eu l’occasion de la mettre à profit. J’en suis sortit enchanté et convaincu de son utilité.

J’étais au  Palais de la Découverte à Paris où se tient toujours notre exposition « Explorons l’Univers avec la Propulsion Ionique » (voir mon billet du 27 mars). En plus du public de visiteurs, je recevais des collègues de l’INSIS du CNRS et des étudiants de l’IPSA.
Les responsables de la communication du CNRS m’ont proposé d’utiliser Periscope pour interagir en direct avec des internautes. Je me suis volontiers prêté au jeu. La vidéo est disponible ici.
J’ai ainsi pu répondre pendant vingt minutes à de nombreuses questions sur la propulsion, partager mon point de vue et présenter les travaux de mon équipe.
J’ai sincèrement apprécié ce moment d’échange et j’ai pu mesurer le potentiel et l’intérêt de Periscope.
On réfléchit désormais avec mes étudiants à une utilisation plus systématique de l’outil pour tenir informé tous les passionnés sur nos recherches et les avancées dans le domaine de la propulsion spatiale.

Space Propulsion 2016

J’étais à Rome il y a une semaine où se déroulait le 5ème congrès Space Propulsion, après avoir participé aux quatre éditions précédentes en Sardaigne, en Crête, à Bordeaux et à Rome.
Il y avait cette année un nombre record de participants, avec plus de 600 congressistes. Ce congrès a été l’occasion de revoir de nombreux collègues et amis, de discuter de projets en cours et futurs et de présenter les travaux de l’équipe sur l’écrantage magnétique pour les PH, sur les cathodes et sur le propulseur AIPE à plasma ion-ion.
Sur l’ensemble des sessions plénières, je retiendrai les mots clé suivants : collaboration (entre nations), entrepreneuriat (à développer), puissance nucléaire comme source d’énergie et low-cost (il faut réduire les coûts, des lancements mais aussi des plateformes donc des systèmes propulsifs, chimiques et liquides). Il a également beaucoup été question des méga-constellations de micro satellites, comme le projet One Web.
En ce qui concerne la PE, je retiendrai la forte activités de recherches sur les cathodes, l’intérêt porté aux carburant alternatifs tels que le di-iode et les avancées en micro-propulsion.

J’ai aussi profité de ce séjour pour visiter la ville de Rome avec Estelle sous le soleil. C’est l’une des plus belle ville que j’ai eu l’occasion de parcourir avec des surprises à chaque coins de rue, de superbes monuments à profusion et une ambiance italienne inimitable.

 

Red Dragon

Space X, que je ne présente plus, vient d’annoncer l’envoi en 2018 d’une capsule non habitée basée sur le vaisseau cargo Dragon vers la planète rouge. C’est l’opération Red Dragon. Rien de moins que la première mission privée vers Mars avec comme objectif premier la démonstration de la faisabilité d’un déploiement massif de matériel sur le sol martien.

La capsule sera lancée par la fusée Falcon Heavy, trois fois plus puissante que l’actuelle Falcon 9, et qui devrait effectuer son premier vol en fin d’année. Le calendrier est donc serré pour la firme d’E. Musk.
On en saura plus lors du prochain congrès IAC qui se tiendra à Guadalajara au Mexique en septembre.

Space X prend une autre longueur d’avance. Je ne serais pas surpris de voir E. Musk atteindre son rêve et installer une colonie sur Mars. C’est l’audace et la prise de risques qui font la différence. C’est aussi la marque des grands hommes.
L’Europe est loin derrière avec son lanceur Ariane 6 dont le premier vol est prévu vers 2020.
Il nous reste l’option du Village Lunaire, idée que défend l’actuel directeur de l’ESA et à laquelle j’adhère. La Lune me semble être l’étape obligée avant d’envisager aller plus loin. On pourrait apprendre beaucoup sur nos capacités à vivre en dehors de la Terre. On pourrait aussi y développer des technologies d’exploitation des ressources et de construction de systèmes spatiaux. Cela rendrait l’exploration du système solaire plus sure et moins coûteuse.
Hélas je ne ressens pas beaucoup d’enthousiasme dans la communauté.

En Marche !

Ceux qui me connaissent bien le savent. J’ai vécu la transformation de l’UDF en Mouvement Démocrate et j’ai suivit activement F. Bayrou pendant des années car je suis un centriste convaincu. Hélas, le MoDem est moribond, sans pouvoir et sans rôle dans la vie politique. Je suis aujourd’hui persuadé qu’il ne renaîtra jamais. Comme je l’ai souvent répété, nous avons eu notre chance avec une France prête à nous suivre mais nous n’avons pas su concrétiser cet élan sans doute d’une absence de stratégie offensive et par manques de cadres expérimentés.
Mais l’esprit Centre n’est pas mort. Bien au contraire.

Alors, après une longue réflexion, j’ai décidé de rejoindre le mouvement En Marche ! d’Emmanuel Macron.
Parce que j’apprécie l’homme. Parce que ses idées et convictions sont pour la plupart les miennes depuis longtemps. Parce que j’y vois une occasion de changer de voie, de bousculer les lignes établies.

Mes amis, je vous invite à faire de même. Pour que la France, ce pays que j’aime, retrouve son rang et sa vigueur. Pour que les français reprennent confiance en eux et en l’avenir. Pour que l’Europe est un sens et un avenir. Pour que 2017 ne soit pas la version sombre de 2002.
En marche !

Le Prince s’en est allé

J’ai appris la nouvelle hier en début de soirée à la radio, comme tant d’autres.
Prince, le kid de Minneapolis, a tiré sa révérence.
La nouvelle m’a ému. D’abord parce que la mort d’un individu est triste, quelles que soient les circonstances. Ensuite parce que les chansons de Prince ont bercé mon adolescence et mes premiers pas dans la vrai vie. Qui ne connait pas Purple rain, Batdance, Cream, Kiss… ?
C’est un artiste de génie qui nous quitte, une personnalité à part qui aura marqué la musique de son époque et dont l’héritage culturel est immense.
Repose en paix petit Prince.

Monts de Blond

Randonnée hier dans les monts de Blond en Limousin.
Un boucle de 19 km entre Boscartus et sa pierre branlante et Montrol-Sénart. Ces noms parlent à certains d’entre vous, je le sais.
Le sol était très humide et les cours d’eau chargés à cause des pluies des derniers jours mais le temps était parfait avec peu de nuages et une température autour de 17 degrés. J’ai pu voir pendant six heures une nature qui commence à renaître avec de belles nuances de vert.

Voilà vingt ans que je n’étais pas revenu dans les monts de Blond. Ils sont moins sauvages qu’auparavant avec de nombreux aménagements pour les visiteurs et randonneurs, c’est à la mode, mais s’y balader est toujours aussi agréable avec ces petites montagnes, ces bois et forêts à perte de vue et surtout ces magnifiques chaos rocheux. J’y ai aussi vu des villages et hameaux en pleine renaissance avec des maisons et corps de ferme rénovés qui donnent envie d’y faire une pause, et pourquoi pas, de s’y installer au calme.
Je reviendrai dans le Monts de Blond, et cette fois-ci je n’attendrai pas deux décennies.

Of course I still love you

Non, ce n’est pas une déclaration d’amour, même si ça pourrait.
C’est le nom de la deuxième barge autonome de récupération du lanceur Falcon 9 de Space X. La première s’appelle « Just Read the Instructions ». Les noms ont été donnés en hommage à l’auteur de science fiction Iain M. Banks. Ces deux noms apparaissent dans la nouvelle intitulée « The Player of Games ».

Un clin d’oeil à Space X donc qui vient de poser avec succès le premier étage de sa fusée Falcon 9 sur Of course I still love you. Je vous invite à voir la vidéo. Les images sont impressionnantes.
Une première, une de plus, après la récupération réussit d’un autre étage en décembre dernier sur la terre ferme. Félicitations à Elon Musk et à toute son équipe. Champagne et cigare cette fois.

Space X prend de l’avance, en particulier sur Arianespace et ASL qui préparent Ariane 6. Ces derniers vont devoir aller vite et prendre des risques, ce qui n’est hélas pas dans les habitudes européennes.