Archives de catégorie : Réflexions

Demain, la Terre

Il faut impérativement lire l’article écrit par le journaliste américain David Wallace-Wells publié dans le New York Magazine le 9 juillet dernier. Cet article s’intitule The Uninhabitable Earth. Tout est dans le titre…

Ce qui est décrit dans ces pages n’est hélas pas de la science-fiction, n’en déplaise à tous les sceptiques. David Wallace-Wells dresse le tableau de ce que la Terre et notre civilisation pourraient devenir à la fin du siècle si la modification du climat s’emballe. Ce qui reste tout à fait probable car les mesures prises jusqu’ici n’ont quasiment aucun impact. Et le retrait de l’Amérique des accords de Paris ne va rien arranger. Je ne pense pas que nous arriverons à limiter la hausse de la température moyenne à 2° C. Il est déjà trop tard. Mais seulement quelques degrés de plus et le glas pourrait sonner pour l’humanité, comme le décrit The Uninhabitable Earth.

Cet article a été majoritairement bien accueilli par la communauté scientifique et par le grand public. On peut certes reprocher au journaliste de mettre en avant le scénario du pire – ce que certains on fait ; lire NY Magazine – mais ce qui est dépeint n’en reste pas moins possible, envisageable à quelques décennies d’aujourd’hui.

Allons-nous finir comme ça ? Quel gâchis si tel est le cas, d’autant plus que l’on ne pourra pas dire que l’on se savait pas. Et pourtant… Je fais partie de ceux qui pense qu’il est grand temps d’expliquer aux gens les conséquences de nos actes passés et présents, sans fard, sans discours poli et édulcoré. Oui, il faut faire peur pour faire prendre conscience. Tracer des courbes et donner des chiffres ne suffit pas. Il faut des mots forts, des images marquantes pour démarrer une  » réaction en chaîne  » pour reprendre les mots de David.

Il nous reste peu de temps pour éviter le scénario de la Terre hostile, voire de la Terre inhabitable. Agissons ou nos enfants pourraient compter parmi les derniers habitants de la petite planète bleue.

Une version au format pdf de l’article de D. Wallace-Wells est disponible ici.

Raz de marée

On a tout écrit, tout dit depuis dimanche soir. Ce n’est pas la peine d’épiloguer. En résumé, c’est un raz de marée. J’applaudis. E. M. devrait obtenir une très large majorité à l’Assemblée Nationale dimanche prochain. La République En Marche va ainsi pouvoir mettre en action sa politique, sa vision. J’aurais attendu plus de vingt-cinq ans pour voir les idées et les valeurs que je défends mises en œuvre.  Combien de fois ai-je entendu « Le Centre, ça ne peut pas marcher, c’est Gauche ou Droite (comprenez socialiste versus capitaliste) » ? J’ai arrêté de compter depuis bien longtemps. Soyons enfin lucides, les clivages stériles ne mènent nul part. Il suffit de regarder l’état de la France, et plus globalement celui du monde actuel. Il est grand temps de tourner la page, de rejoindre la modernité et de préparer l’avenir.

Le PS semble définitivement mort cette fois. Il faut vivre avec son temps, s’adapter à son époque. Le modèle proposé n’est simplement plus viable. LR sont à l’agonie. Et mauvais perdants pour beaucoup d’entre eux. Les extrêmes moribonds, je ne m’en plains pas.

Ces dernières élections révèlent un profond besoin de changement. Une nouvelle génération va prendre les commandes. La mienne. Elle ne rejète pas la mondialisation, elle est ancrée dans l’ère du digital, consciente des bouleversements et défis à venir (énergie, environnement, climat, numérique) et profondément humaniste. Elle a compris depuis longtemps que l’humanité doit changer de cap. Une France portée par ce vent nouveau a tout à gagner . L’Europe aussi.

En aparté. Que penser du très fort niveau d’abstention ? Les Français vivent dans le confort mais ils ne s’en aperçoivent pas. Ils ont oublié d’où ils viennent et les combats menés par leurs aïeuls et leurs ancêtres. Ils ne voient pas non plus les risques encourus. C’est triste, décevant. Les français sont en majorité resté chez eux, mais une chose est certaine, ils vont continuer à se plaindre et à critiquer.

La méthode scientifique

J’étais l’un des invités hier après-midi de l’émission La Méthode scientifique de France Culture animée par Nicolas Martin. Le sujet du jour : Voyage spatial, vers l’infini et au-delà. Vous pouvez ré-écouter l’émission ici.

Un très bon moment (trop court à mon goût) passé en compagnie de Richard Heidmann, Polytechnicien, ancien ingénieur en propulsion spatiale chez SAFRAN, fondateur et vice-président de l’association Planète Mars. J’espère que les auditeurs auront apprécié et appris.

Pirates

Ça n’arrive pas qu’aux autres. Mon blog a été piraté lundi dernier. Certains d’entre vous s’en sont aperçu car j’ai reçu plusieurs messages d’alerte.
Les hackeurs ont détourné l’adresse aleph-zero.fr vers un site de soutien à la cause Palestinienne. Mais peu importe à quoi se retrouve liée votre adresse au final, même s’il y a pire que la défense des palestiniens. L’impression est étrange, nouvelle aussi. On se sent totalement dépossédé, vidé. On craint aussi que les hackeurs n’aient supprimé tout le contenu de la base. Plus de 600 articles dans mon cas ; une petite partie de mon histoire ; un morceau de vie au XXIème siècle.
Une étrange expérience que je ne souhaite à aucune personne ayant un blog ou un site Internet.
Heureusement, tout est rentré dans l’ordre et aucun article n’a été perdu. Un très grand merci à mon ami Joël qui n’a pas compté ses heures et qui m’a sauvé une fois de plus. J’ai profité de cette remise à plat pour changer le style d’Aleph-Zéro, que j’ai choisi plus sobre. La sécurité du système a aussi été renforcée, espérant ainsi éviter un autre piratage.

Un grand bol d’air

Menhir de la lande de Ceinturat dans les Monts de Blond en Limousin

Randonnée de 8 heures hier du côté de Montrol-Sénart dans les monts de Blond avec mon fidèle chien Elvis.
J’ai parcouru 33 km à travers forêts sans feuilles et champs en herbe avec une température de 2°C en moyenne mais un temps sec.
J’en ai profité pour revoir le Menhir de la lande de Ceinturat, le plus grand menhir du département haut de 5,10 m, et la pierre à sacrifices creusée par le temps et l’érosion.

Que ça fait du bien de prendre l’air, de marcher sur ses terres et de se vider la tête après une année chargée, parfois compliquée mais riche en événements.

Quand le petit blanc a peur

Malgré ses frasques invraisemblables, sa vulgarité et ses sorties d’un autre siècle, Donald Trump sera le 45ème président des Etats-Unis d’Amérique. Le peuple s’est exprimé.
Personne, ou presque, n’avait imaginé sa victoire. Hier encore, à la radio et dans la presse, Hillary Clinton était donnée largement gagnante. Dur réveil, comme trop souvent ces derniers temps. Hillary ne sera pas la première femme élue à la tête du plus puissant pays de la planète.

La grande majorité des médias et des spécialistes en politique n’ont pas vu venir la victoire de l’excentrique milliardaire américain. Tout comme ils n’ont pas prédit le Brexit, certains de la pertinence de leurs analyses. Il y a bien sûr une forme de déni protecteur à ne pas vouloir croire à l’impossible. Mais il y a aussi une déconnexion avec la réalité du monde. Car l’Amérique ne se résume pas à New York ou à la Californie. De même l’Angleterre ne s’arrête pas à Londres.
Il faut savoir sortir des hautes sphères et écouter les clameurs des campagnes et des petites villes et ne pas se contenter de l’avis des riches et des intellectuels.

Le « petit blanc » a peur de demain, de la mondialisation qui le laisse sur le côté, des élites qui semblent  n’écouter ni ses plaintes ni ses points de vue et qui, pense-t-il, ne le protégeront pas des turbulences qui s’annoncent et des étrangers, coupables désignés, qui lui volent son gagne-pain et génèrent partout de l’insécurité. Et quand le petit blanc déclassé a peur, il choisit les routes sinueuses et incertaines de ceux qui savent répondre à ses craintes avec des mots durs et des solutions simplistes, en lui mentant, mais ça il ne le voit pas, aveuglé par les promesses de lendemains meilleurs.  Quand il a peur, il décide de faire basculer l’Histoire du côté gris.

Je suis inquiet. Le monde va mal. Le populisme gagne du terrain, les peuples se replient sur eux-mêmes et des événement comme le Brexit et l’élection de D. Trump ouvrent la voie au racisme et à la xénophobie – je dirai même légitime – et conduisent à une société plus fragmentée et plus violente.
De l’autre côté des fous proposent le nihilisme et la violence comme solution. Le monde se disloque à une époque charnière où l’union serait pourtant le seul moyen de surmonter les caps difficiles à venir.
Il faut cependant garder espoir, expliquer, éduquer et continuer à proposer d’autres voies sans naturellement oublier d’écouter ce que les petites gens ont à dire.

 

Où va la Turquie ?

Je m’inquiète, comme beaucoup d’entre nous, de la tournure que prennent les événements en Turquie à la suite du coup d’état raté. On assiste à une véritable purge, à une chasse aux sorcières dans tous les secteurs et toutes les classes de la société turque avec des dizaines de milliers d’arrestations, l’état d’urgence et le spectre de la peine de mort. Le président Erdoğan est tout simplement en train de se débarrasser de tous les opposants à sa manière de gouverner et à sa vision, conduisant chaque jours un peu plus son pays vers un régime dictatorial. On s’éloigne à grande vitesse d’un idéal de démocratie et des idées d’Atatürk.

Etrange coup d’état. Si mal préparé et stoppé en quelques heures. Je ne suis pas un partisan de la théorie du complot mais j’avoue que dans ce cas précis j’ai du mal à y croire. Avouons que ce « soulèvement sans issue » est le prétexte qu’Erdoğan attendait pour faire le ménage à tous les niveaux et éliminer ceux qui pourraient limiter ses ambitions. Je ne dit pas qu’Erdoğan est à l’origine d’une mascarade mais je peux concevoir qu’il ait laissé faire, voire favorise.
Ce fiasco a le mérite de montrer le vrai visage de celui en qui l’Europe et le reste du monde croyait : un despote qui pourrait bien faire de la Turquie une république islamique dans les années qui viennent.

Quel gâchis. La Turquie est un grand et beau pays dont le peuple ne mérite pas l’avenir qu’Erdogan lui réserve. Je voulais y amener ma femme et mon fils passer quelques jours. Je crois qu’il va nous falloir attendre, peut être pour des décennies.

L’horreur, une fois de plus

Nous avons amené Paco voir son premier feu d’artifice jeudi soir. A la Chapelle Saint-Mesmin. Il était 23 heures. Paco a adoré. La fanfare, les bruits d’explosion, les lumières dans le ciel, les couleurs. Ses rires, la joie sur son visage. Il s’est endormi bienheureux dans la voiture au bout de cinq cents mètres. Sa nuit a du être belle, remplie de beaux tableaux et de musiques douces. Tout le monde n’a pas passé une aussi agréable soirée. Hélas.
L’horreur était au rendez-vous en ce jour de fête nationale. Les terroristes ont frappé une fois de plus. Sur la promenade des anglais cette fois-ci. Le bilan est terrible avec plus de quatre-vingts morts. Les fondamentalistes islamistes sont responsables, directement ou indirectement via leur propagande.
Que dire de plus. J’ai déjà tellement écrit sur le sujet. Charlie Hebdo, l’hyper cacher, l’usine Air Products en Isère, l’attaque dans le Thalys, le Bataclan, le couple de policiers tués à Magnanville… et Nice maintenant. Nous sommes en guerre, cette fois-ci plus personne ne soutiendra le contraire. Comment sortir vainqueur ? Comment l’emporter face à un ennemi déterminé et prêt à se sacrifier ? Comment se prémunir d’une menace double, venant de l’intérieur comme de l’extérieur ? Je n’ai pas les solutions. Personne ne les a d’ailleurs ; il ne faut pas croire les discours simplistes. Une seule chose me paraît certaine : il va falloir s’habituer et vivre avec une insécurté permanente car la lutte sera longue (et l’issue incertaine).

J’ai écouté/lu ces derniers jours les critiques émanant de l’opposition, droite et extrême droite en particulier. Estrosi, Guaino, Sarkozy, Juppé, Lepen, Philippot… Que d’excès, de sottises, d’absurdité et de mensonges. Il y a des choses à faire, oui, comme renforcer le renseignement, éduquer les citoyens les plus vulnérables, combattre l’Etat Islamique, Al Quaïda et consorts en dehors de nos frontières, coopérer à l’échelle européenne, consolider notre arsenal juridique. Mais critiquer systématiquement en insinuant que tout n’a pas été fait, vouloir armer nos forces de l’ordre de lance-roquettes, prôner la fermeture des frontières quand les terroristes sont français et suggérer d’enfermer, pour prévenir, ceux qui sont fichés S, ne mène à rien de constructif et d’utile, bien au contraire. Certes, il y a l’élection présidentielle au printemps prochain, et chacun doit se démarquer, mais les commentaires récents montrent surtout la médiocrité de bon nombre de prétendants à la fonction suprême.

Ils nous quittent

Le choc ce matin au réveil. Les sondages et les bookmakers se sont donc trompés. Les britanniques ont décidé de quitter l’Union Européenne. Le résultat du référendum est sans appel ; les partisans du Brexit l’emportent haut la main. Je suis triste, bien sûr, et bouleversé. Moi qui suis né européen. Le choix des britanniques est effarant à mes yeux. Pourquoi refuser la plus belle construction humaine de l’après guerre et pourquoi ouvrir la boîte de Pandore ?
La réponse est multiple.
Ce référendum est d’abord un choix politique. D. Cameron en premier, et bien d’autres ensuite, ont pris le risque de créer un séisme aux conséquences imprévisibles pour l’ensemble des peuples de la planète pour assouvir leur désir de pouvoir. Rien ne les y obligeait.
Parce que les dirigeants de l’Europe n’ont pas été à la hauteur ces vingt dernières années, enchaînant fiasco sur fiasco. Citons deux exemples récents : la gestion de la crise financière de 2008 avec comme idée phare d’appauvrir un peu plus les plus faibles et la gestion de la crise des migrants qui à fait le lit de l’extrême droite. L’Europe manque cruellement d’hommes forts, courageux et ambitieux.
Parce que les partisans du Brexit ont mentis aux citoyens sur ce qu’est l’Europe, sur ce qu’elle a apporté et surtout sur ce que sera leur vie en dehors. Les britanniques le découvriront à leur dépend dans le futur.

Et maintenant ?
Voilà une question à laquelle les partisans de la sortie sont bien incapables de répondre car ils n’y ont tout simplement pas pensé. Par paresse sans doute et aussi par manque d’intelligence et de vision. Après tout, ils voulaient seulement gagner et prendre la place. La suite…

Tout cela est effrayant. Devant nous, l’inconnu. Et personne n’aime ça.
Les conséquences pourraient être terribles car la période d’incertitude et de turbulences va être longue. L’Europe n’avait pas besoin de cela. Pas maintenant. Elle est attaquée de l’extérieur par les islamistes radicaux. Et voilà désormais qu’elle se fissure, attaquée de l’intérieur.
Et dire que ce n’est peut-être que le début. Vais-je voir l’Europe s’effriter puis s’effondrer et disparaître ? Ce n’est pas impossible. Chaque jour les nationalistes et extrémistes de tous bords progressent dans tous les pays prouvant que l’être humain n’apprend pas de ses erreurs.

Mais tout n’est pas perdu. C’est peut-être même une chance que nous devons saisir.
L’UE doit se réveiller et se réinventer. Il faut proposer un modèle plus proche des citoyens qui se démarque clairement des modèles ultra-libéraux américains ou chinois. L’Europe au service des européens, pour plus de justice et d’égalité. Une Europe forte qui pourrait proposer au reste du monde sa vision. Je suis persuadé que tout pourrait aller vite, une Europe de la défense, une Europe des droits, une Europe de la fiscalité, de la santé, de l’éducation… Mais sans chef, rien de tout cela, seulement une Europe moribonde dont mon fils me demandera peut-être un jour : « Au fait Papa, c’était quoi l’UE ? ».

Sortir ou pas ?

Les britanniques vont se prononcer demain par référendum. La question posée est simple : rester ou bien sortir de l’Union Européenne. Les chancelleries tremblent ; les places financières aussi. Tout le monde retient son souffle. Si le Royaume-Uni sortait de l’UE qu’adviendrait-il de l’Europe ? Du reste du monde ? Un grand crac, aussi violent que la crise de 2008 ? Une mini secousse évaporée en quelques jours ? On a pu lire tout et son contraire ces dernières semaines dans la presse et sur Internet. Les experts des deux bords se sont relayés à la télévision et à la radio sans relâche. Mais personne ne possède avec certitude la réponse. Comme toujours lorsque l’économie et la finance sont au coeur du problème. Ce qui m’amène à chaque fois à penser que plus personne ne comprend désormais le fonctionnement et les rouages de notre société. Au mieux on fait des paris. Dans la cas du référendum britannique, chaque camp surenchérit et s’efforce d’effrayer la partie adverse. De bonne guerre.
Je reste cependant convaincu que le Royaume-Uni a plus en perdre qu’à gagner en cas de sortie car il se retrouverait isolé. J’ai d’ailleurs peu entendu les partisans du Brexit parler de l’après et expliquer comment le pays sera alors géré et avec quelles priorités et objectifs.

Dans quelques heures nous serons fixés.
Je souhaite que le Royaume-Uni reste et poursuive la grande aventure Européenne. Les britanniques y ont leur place et doivent jouer un rôle clé aux côtés de l’Allemagne, de la France, de l’Italie, de l’Espagne et des autres. Ma plus grande crainte en cas de Brexit n’est pas un grand chambardement de l’économie mondial. Les Anglais et les autres passeront le cap, plus ou moins vite, avec plus ou moins de casse.
Non. J’ai très peur d’un phénomène de contagion et d’un effritement de la construction européenne. Voilà le plus grand risque que D. Cameron a décidé de faire courir à l’EU : sa désintégration et sa perte.
J’espère que nos compatriotes seront faire le bon choix.