Archives de catégorie : Art

Livres lus

Parmis les livres que j’ai lus cette année, voici ceux qui m’ont le plus marqué. J’ai déjà parlé de Metro 2033 et VS3 sur ce blog. Je vous recommande grandement la trilogie Silo, Les chemins noirs et The industries of the future. Et si vous voulez vous détendre tout en apprenant, Amazing stories of the space age.

Silo – Hugh Howey
Silo Origines – Hugh Howey
Silo Générations – Hugh Howey
Metro 2033 – Dmitri Glukhovski
Origine – Dan Brown
God’s ground – J. Brophy
The industries of the future – Alec Ross
Le minimum théorique – Leonard Susskind et George Hrabovsky
Amazing stories of the space age – Rod Pyle
Les chemins noirs – Sylvain Tesson
Berezina – Sylvain Tesson
Vernon Subutex 3 – Virginie Despentes
Entre deux mers – Axel Kahn
Pensées en Chemin – Axel Kahn

Silo

C’est le titre d’un roman de science fiction écrit par Hugh Howey et paru en 2012 aux Etats-Unis.
Ce qui reste de l’humanité vit dans un immense silo enterré de 144 étages. Au fil des pages on suit la vie de cette micro-société qui survie depuis des décennies sous terre. Le livre est oppressant, angoissant, étouffant. Beaucoup rêvent de sortir. Nous aussi. Comment les hommes ont-ils pu en arriver là ? Les habitants du silo sont-ils les derniers survivants ? Qu’y a-t-il au-delà des collines ?
J’ai apprécié cette histoire post-apocalyptique que j’ai trouvé très réaliste et de plus en plus captivante au fur et à mesure que les pages se tournent. L’auteur nous amène pas à pas vers des lieux et un scénario que l’on ne soupçonne pas au début.

Je ai terminé Silo dans l’avion lors de mon retour d’Atlanta.
Coïncidences, l’action du livre se déroule dans les environs de cette ville américaine de Géorgie.

Je viens de commencer Silo – Origines et j’ai acheté Silo – Générations, histoire de connaître l’avant et l’après.

Metro 2033

C’est le titre d’un roman de science fiction de l’écrivain russe Dmitri Glukhovski paru en 2005. Il ne sera publié en France qu’en 2011.

On suit les péripéties, l’émancipation et la transformation du jeune Artyom dans les restes du métro moscovite où survivent les rares rescapés de l’apocalypse nucléaire qui a ravagé la Terre vingt ans plus tôt.
Je n’en dirai pas plus. La trame peut paraître banale, fade, vue mille fois. Mais il n’en est rien. J’ai lu ce roman de 850 pages en quelques jours à la fin du mois d’août avec à chaque fois du mal à le refermer. Plein d’espoir, je voulais savoir où cette quête conduirait. J’avais élaboré plusieurs scénarii, mais sans jamais supposer ce que le noir renfermait à l’intérieur.
Un très grand ouvrage d’après moi, qui décrit les restes de l’humanité tels que je les imagine si jamais le pire se produisait. La métro de Moscou, que j’ai parcouru plusieurs fois dans les années deux-mille, constitue le cadre idéal pour cette histoire si réaliste et donc totalement terrifiante.
A lire absolument, que vous soyez amateur de SF ou non.

Pour poursuivre la réflexion sur la destinée plausible de notre civilisation, je vous conseille également la lecture de ces deux grands ouvrages : 2084 de Boualem Sansal et Station Eleven d’Emily St. John Mandel.

Vernon Subutex 3

Vernon Subutex.

Voici l’histoire d’un homme presque ordinaire, à la vie parfois terne et souvent ennuyeuse, ersatz d’un vaut-rien à qui on a envie de botter les fesses, un Monsieur tout-le-monde que l’on aimerait secouer mais qui malgré lui et avec l’aide d’une étrange et improbable bande d’amis va progresser du stade de lambda à celui de star avant de finir martyr puis idole.

Vernon Subutex. J’avais écrit un billet sur les tomes un et deux en septembre 2016. La trilogie est un chef-d’oeuvre. Brillante. Virginie Despentes au sommet de son oeuvre.
Car voici une histoire déglinguée, dans laquelle on peut avoir du mal à pénétrer, qui peu paraître absurde mais qui finira par nous toucher et nous absorber, car finalement, V. S. c’est un peu nous.
Voilà une oeuvre très contemporaine, puissante, qui nous amène à réfléchir sur notre condition d’humain, sur le sens de nos petites vies éphémères, sur la valeur et la portée de nos actes, de nos choix.
Vernon Subutex c’est l’absurdité du monde et de son emballement, c’est la critique, à juste raison, de cette course folle qui nous emporte vers le gouffre, c’est ce rêve d’évasion et d’isolement qui nous mine à en crever dans une société toujours plus connectée et digitale où chaque action est surveillé.

Vernon Subutex 1, 2 et 3.
A lire absolument. Cet été ou dans les mois à venir. Mais avant la chute.

Mais qui est vraiment Vernon Subutex ?

Voilà l’étrange question qui m’a préoccupé cet été. Et qui trotte toujours dans ma petite tête.
Vernon Subutex est le personnage principal du dernier roman (en 2 tomes) de Virginie Despentes. Je me suis régalé. Une vraie parenthèse, protégé des tumultes du quotidien. J’ai avalé les tomes 1 & 2 en moins de deux semaines. Et depuis, je me questionne…

J’ai lu tous les romans de l’écrivaine, auteure entre autres de Baise-moi, Les jolies choses, Teen spirit et Bye Bye Blondie. Les critiques littéraires sont tous unanimes sur son dernier ouvrage et je les rejoins. C’est le meilleur (ou alors je vieillis et eux aussi). Les histoires de VD décrivent les facettes du monde d’aujourd’hui, avec ses hauts et ses bas, ses héros et ses laissés pour compte. Elles montrent la condition humaine à l’heure d’Internet et de l’argent roi. Vernon Subutex n’y échappe pas mais le roman va plus loin, plus en profondeur dans le décorticage du fonctionnement de nos sociétés modernes et démocratiques. Il s’agit d’une étude sociologique, meilleure que bien des travaux publiés de part la richesse des exemples, des situations et des liens. VD rattrape ici Bourdieu. Mais voilà, alors que l’on apprend bien des choses sur les micro-rouages de la mécanique qui fait et défait les hommes et les tribus modernes, on reste curieusement sans réponses définitives sur le phénomène Vernon. Est-il un bienheureux simplement chanceux, un philosophe incompris, un idiot qui ne le sait pas, un prophète, un dieu indécis, vous ou moi ? Existe-t-il seulement ? N’est-il pas qu’une illusion rassurante dans un monde qui dérive lentement vers sa fin ?

Le Prince s’en est allé

J’ai appris la nouvelle hier en début de soirée à la radio, comme tant d’autres.
Prince, le kid de Minneapolis, a tiré sa révérence.
La nouvelle m’a ému. D’abord parce que la mort d’un individu est triste, quelles que soient les circonstances. Ensuite parce que les chansons de Prince ont bercé mon adolescence et mes premiers pas dans la vrai vie. Qui ne connait pas Purple rain, Batdance, Cream, Kiss… ?
C’est un artiste de génie qui nous quitte, une personnalité à part qui aura marqué la musique de son époque et dont l’héritage culturel est immense.
Repose en paix petit Prince.

2084. La fin du monde.

Il s’agit du titre du dernier livre de l’auteur algérien Boualem Sansal.
J’ai terminé la lecture de l’ouvrage il y a quelques semaines. Lisez-le à votre tour.
Sans doute le meilleur livre de l’année 2015. Sansal aurait largement mérité le prix Goncourt même s’il a obtenu d’autres prix prestigieux tel que le prix de l’Académie française.

2084. Vibrant hommage à 1984 de George Orwell naturellement.
Sansal traite de la dictature. Après une ultime guerre que l’on imagine nucléaire, il ne resterait plus que l’Abistan, vaste empire aux frontières inconnues qui doit son nom au prophète Abi, «délégué» sur Terre du dieu Yölah. J’ai trouvé le livre terrifiant, plus encore que 1984 ou Le meilleur des mondes d’Huxley. Car il n’y a pas d’échappatoire. On est soumis ou mort, sauf à être un membre de l’élite. Sansal démontre dans cet ouvrage admirable les mécanismes qui conduisent à la soumission des peuples : l’appauvrissement du langage et la modification de l’histoire, voire son effacement. Que pensez alors aujourd’hui de la dégradation du français, de l’anglais et de bien d’autres langues et de l’abrutissement en temps réel via les programmes télévisuels et Internet. La machine est-elle en marche ?
Il y a bien sûr un autre facteur clé dans le livre de Sansal : la religion, grande farce à mes yeux et prétexte à tous les abus. L’écrivain algérien s’inquiète, à juste titre, de la montée de l’islamisme et de la terreur qui lui est associé. Nul doute que les fous d’Allah ont inspiré l’auteur. Michel Houellebecq, auteur entre autres de Soumission dont j’ai parlé sur ce blog, s’est dit admiratif de l’oeuvre de Sansal et estime que le futur décrit dans 2084 est plausible. Je le crois aussi, sous la forme d’un extrémisme religieux décrite par Sansal, ou une autre, basée par exemple sur la technologie.

Star Wars VII

La bande annonce du septième épisode de la saga Star Wars, Le Réveil de la Force, a été dévoilé cette nuit.
On peut la visualiser sur YouTube.
J’avoue que j’ai hâte que le film arrive sur les écrans de cinéma. Sortie prévue le 16 décembre en France. Encore deux mois d’attente !
Star Wars a bercé mon enfance et ma jeunesse. Je me suis nourri de la première trilogie. Vue et revue. Je ne compte plus. Je n’étais ni enfant ni même adolescent lorsque la seconde trilogie a débarqué. J’ai néanmoins adoré. La transformation du jeune Anakin Skywalker en Dark Vador (Darth Vader en anglais), ce n’est pas rien.
Il s’agit certes d’une histoire simple et manichéenne où le Bien triomphe, comme il en existe des centaines. Mais celle-ci fait rêver car elle nous plonge dans les mystères de l’Univers et nous offre un futur possible, le tout avec un fond musical envoûtant.
Il faut imaginer le choc à la sortie du film en 1977. Et contrairement à bien d’autres films de science-fiction, Star Wars a bien vieilli sur tous les plans.

Presque 40 ans après la sortie du premier épisode, je travaille sur les propulseurs à plasma avec pour objectif de permettre un jour à l’humanité d’explorer le système Solaire puis la Voie Lactée.
Faut-il y voir un lien ?

Que la Force soit avec vous !

The Martian

Long silence sur mon blog. Trop long. J’essais d’éviter ces pauses mais parfois j’échoue, trop occupé avec mes recherches et ma famille. Mais c’est repartit, avec un rythme plus soutenu que ces derniers temps, enfin je l’espère.

Je viens de terminer le roman de Andy Weir intitulé « The Martian ». En anglais bien sûr. Je l’ai acheté à Los Angeles le mois dernier.
Le film, réalisé par Ridley Scott, est sortit aux Etats-Unis il y a dix jours. Il fait un carton mais il y a de quoi. Il sortira en salle en France la semaine prochaine sous le titre « Seul sur Mars ». J’aurais préféré Le Martien, voire même le titre original que tout le monde comprend.

Je me suis régalé tout au long des 430 pages. On se laisse prendre par le périple que va devoir accomplir l’astronaute Mark Watney, laisser pour mort sur Mars, pour s’échapper seul de la planète rouge. Il y a l’intrigue et les rebondissements. Mais aussi le réalisme et puis le personnage de Mark, plutôt sympathique et atypique, auquel on s’attache.
Bref, lisez-le livre si ce n’est pas encore fait. Une chose est certaine, j’irai voir le film lors de sa sortie. Et je ne serai pas le seul.

J’ai lu ces derniers jours quelques critiques au sujet de la vraisemblance de l’histoire. Mais elles étaient peu nombreuses et infondées pour la plupart. C’est normal car Andy a très bien préparé son oeuvre qui par ailleurs met en avant la NASA et le Jet Propulsion Laboratory de Caltech à Pasadena où j’ai séjourné en septembre.
On peut se plaindre de la facilité des sorties extra-véhiculaires ; de la force de la tempête ; du peu d’erreurs de Mark (à qui je conseille de jouer à la loterie à son retour sur Terre) ; de la solidité des rovers. Mais à peine. Il y a un très peu d’extrapolations par rapport aux technologies actuelles et rien d’impossible. Une histoire similaire pourrait donc bien se dérouler d’ici le milieu de ce siècle, lorsque l’on aura posé le pied sur Mars.

 

Sous le verni de Cannes

Il faut d’abord se réjouir du palmarès du Festival de Cannes 2015, dont le jury était présidé par les frères Coen.
La Palme d’or a récompensé Dheepan de Jacques Audiard. Les prix d’interprétations ont été décernés à Vincent Lindon pour sa prestation dans La loi du marché et à Emmanuelle Bercot pour son rôle dans Mon Roi.
Belles récompenses pour le cinéma français. Nos hommes et femmes politiques se sont d’ailleurs empressés de commenter ces prix et de féliciter leurs lauréats sur leur compte Twitter. Et ils ont eu raison.
Mais il faut regarder au-delà, derrière cette belle et lumineuse façade.
Le film Dheepan traite de l’immigration et de la violence des banlieues hors de contrôle.
La loi du marché quant à lui témoigne du chômage, ce fléau qui touche des millions de personnes en France et contre lequel il n’existe pas, ni ici ni ailleurs, de solutions radicales dans une société gouvernée par le Marché.
Le cinéma joue ici pleinement son rôle de témoin d’un temps, d’une époque. Et tant mieux si cela réussit. Il faut alors savoir regarder les images et comprendre ce qu’elles disent sur nous, les autres et le monde dans lequel on évolue. Serions-nous entrain de dériver tels ces migrants égarés en Méditerranée ou bien en Mer de Chine ?