Enquête auprès de doctorants

Je viens de lire un article très instructif dans le dernier numéro de la revue Reflets de la Physique de la Société Française de Physique.
Il s’agit d’une enquête menée auprès de doctorants en physique et chimie qui travaillent dans des laboratoires de la région lyonnaise et de la région de Saint-Etienne. Il faut saluer ici l’initiative de Bechir Rezgui, doctorant à l’INSA de Lyon.
L’article complet est disponible ici.

Le questionnaire a été envoyé à 150 doctorants ; 105 ont répondu, ce qui signifie que les résultats sont significatifs. Je pense aussi qu’ils sont généralisables à l’ensemble des doctorants dans les deux domaines concernés.
Je retiens deux faits.

  • 42 % des étudiants interrogés ne sont pas satisfaits de leur encadrement durant la thèse. Je ne suis pas surpris de ce chiffre qui révèle un problème connu de tous : de nombreux directeurs de thèse n’assument pas leur fonction et se soucient peu du bien-être et des conditions de travail de leurs doctorants. J’ai toujours trouvé cela inadmissible. Rien n’oblige un chercheur ou un enseignant-chercheur à prendre des thésards. Mais il faut bien avouer que sans eux, la recherche n’avance que peu voir pas du tout. Je suis donc partisan d’une réelle évaluation des directeurs et co-directeurs de thèse avec des sanctions à la clef bien-sûr. Mon expérience (presque 13 ans passés dans des laboratoires) me permet de dire que les doctorants souffrant d’un problème d’encadrement 1) abandonnent en cours de route (ce qui est finalement assez rare) ou 2) tiennent le coup bon an, mal an, et garde le cap jusqu’à leur soutenance grâce à leur persévérance et grâce à l’aide et au réconfort qu’ils trouvent auprès des autres chercheurs, des post-doctorants et des doctorants.
  • 84 % des doctorants disent être satisfaits des conditions de vie et de travail dans leur laboratoire d’accueil. Voilà un chiffre rassurant. Il démontre que dans la grande majorité des cas les thèses se déroulent dans de très bonnes conditions dans nos domaines.

Le problème de la rémunération n’est pas abordé dans le questionnaire. Cela est sans doute du au fait que la très grande majorité des doctorants qui effectuent des recherches en physique et en chimie sont payés via des bourses (ministère, organismes, région) ou des contrats industriels. Il faut savoir que dans certaines disciplines (biologie, sciences humaines et sociales en particulier) de très nombreux étudiants travaillent gratuitement pendant plusieurs années pour le plus grand bien du directeur et du laboratoire. Une pratique honteuse. Pour moi, nous ne sommes pas loin de l’esclavagisme. Accepter un étudiant en thèse sans lui garantir un salaire devrait purement et simplement être interdit.

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