Catalogne

Le référendum a finalement eu lieu le weekend dernier en Catalogne. C’était prévisible malgré les efforts de l’état pour l’empêcher. Pour ou contre l’indépendance ?
Voilà où nous en sommes en 2017. Certes, je ne suis pas Catalan. Certes, je connais mal l’histoire de l’Espagne. Certains diront donc que je suis mal placé pour juger. Je ne le crois pas. Je comprends l’attachement à ses racines, à sa terre. Mais je refuse l’isolement, les frontières, la ségrégation.

Les riches veulent leur indépendance, ne plus partager, ne plus aider. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. De luttes de pouvoir aussi. A quoi cela rime-t-il au XXIème siècle ? C’est l’inverse qui nous sauvera, l’union, la cohésion et la solidarité. Pas le confinement. Les Catalans pensent-ils vivre en autarcie ? Bien sûr que non. Que pèse la Catalogne face à l’Asie, à l’Amérique, aux terroristes ? Pas grand chose. Que peut-elle faire seule face aux changements climatiques, à la pollution, à l’appauvrissement des ressources ? Rien. Ils ont le soleil, la mer et des touristes. Aujourd’hui. Mais à quand le désert ? Que feront alors les indépendantistes ? Ils seront les premiers à demander de l’aide, à appeler au secours.
L’Espagne est désormais face à ses choix. Son avenir est en jeu. Celui de l’Europe aussi, une fois encore.

Mais rien n’est fait. Rien n’est perdu. Il faut que les espagnols se mettent autour de la table, parlent, et trouvent une solution qui évitera le pire des scénarios et un futur chaotique.

2 commentaires

  1. J’aime beaucoup cet article, je lis ton blog et tes interventions très pertinentes et toujours nuancées sur la politique.

    L’idée de l’Europe des nations et des peuples avant tout, était belle sur le papier. L’Europe qui nous gouverne avec sa politique actuelle, n’est personnellement pas celle vers laquelle je souhaiterais que mon pays d’origine se tourne (je suis d’origine serbe et surtout « bi-nationale » comme on dit).
    En effet, cette Europe est en train de faire du deux poids, deux mesures en traitant le cas de la Catalogne (différent du Kosovo et Métochie car, la Catalogne a une histoire, un peuple, une langue, ce que le « Kosovo » comme état auto-proclamé et salué par la communauté internationale dont l’Europe, ne possède pas.) comme un précédent, alors que finalement cela n’en est pas un. L’Europe monte au créneau et hausse le ton sur les Catalans pour réprimer leur besoin d’indépendance et d’autodétermination (plus ou moins légitime comme tu l’as souligné, mais pour l’Europe le scrutin est ILLEGAL ? parce que celui des albanais l’était? il n’y avait, selon mes souvenirs, même pas eu de scrutin) et oeuvre avec Madrid pour préserver son intégrité territoriale… chose qu’elle a refusé à la Serbie sous prétexte du « devoir d’ingérence » cher à B. Kouchner …et qui a permis au Kosovo d’avoir à sa tête un premier ministre, ancien accusé pour crimes de guerre sur les Serbes du Kosovo et narguant ses derniers, depuis qu’un tribunal d’Alsace l’a relâché en début d’année alors que la Serbie demandait son extradition.
    Où est cette Europe qui s’insurge de l’émancipation des Catalans, lorsque les Albanais du Kosovo ont fait fi de la Serbie et de son histoire, sous l’épaule protectrice de l’OTAN, de l’Union et des USA notamment, provocant un exode massif des Serbes du Kosovo en 2004, suite à des pogroms terribles ? Eglises, monastères, écoles, maisons brûlées, familles chassées et massacrées. Où est cette Europe qui souhaite protéger l’intégrité du Royaume vieillissant d’Espagne lorsqu’il fallait condamner la proclamation d’indépendance illégale des albanais du Kosovo, partie intégrante encore légalement, de la Serbie ? Cette Europe là ferait-elle du deux poids, deux mesures ? Cette Europe aurait-elle ouvert en 2008 la boîte de Pandore, lorsque N. Sarkozy fut le premier à féliciter les albanais du Kosovo (et non Kosovars…les Kosovars n’étant qu’une invention des occidentaux, le Kosovo et Métochie étant une province rattachée au Royaume de Yougoslavie puis à la Serbie, avec des monastères serbes orthodoxes datant du 11ème, 12ème siècle jusqu’à nos jours) lors de leur proclamation d’indépendance ? Cette Europe, dont l’Espagne, qui a été le premier pays à bombarder la Serbie et le Monténégro, aurait-elle commis une lourde erreur, signant sa fin programmée, en ce jour de mars 1999, pour prévenir une « crise humanitaire » de l’exode d’albanais du Kosovo (crise qui n’a pas eu lieu …puisque ce sont les Serbes du Kosovo qui ont été contraints de fuir en 2004, suite à des pogrom d’une rare violence) ?

    L’idée de l’Europe est belle,oui, sur le papier.
    Mais maintenant, puisque cette Europe a réussi à déchirer mon pays et le patrimoine historique d’une nation « amie » de la France (voir les écrits de Victor Hugo, voir le nombre de soldats serbes venus combattre à Verdun, dont mon arrière grand-oncle), celui de mes ancêtres, celui des gardiens des portes de l’Europe, qui se sont battus pendant 500 ans contre les Ottomans, je serai POUR l’indépendance des Catalans, des Bretons, des Corses, des Kurdes, des Écossais, de la Transnistrie, de la République Serbe de Bosnie (bah oui tiens pourquoi pas après tout?), des Grecs de Chypre…et aussi de la MINORITE (comble dans son pays) Serbe et non albanophone du nord du Kosovo, ce même état créé de toute pièce pour permettre aux USA de se rapprocher et de surveiller Poutine.

    Alors, j’espère pour les Espagnols (qui aiment bien retourner leur veste….bombarder la Serbie pour la dépecer et ensuite ne pas RECONNAÎTRE l’indépendance du Kosovo…totalement schizophrène de leur part!) qu’ils arriveront comme tu dis à s’asseoir et discuter, mais mon coeur balance et me dit que si jamais ce royaume était terminé, ce serait finalement un juste retour de bâton pour l’Union Européenne et les « occidentaux ».

    Et pourtant, j’aime l’Europe et cette idée de « peuple européen », mais l’Europe m’a fait trop de mal …et finalement elle continue à faire du mal à beaucoup de peuples qui la constitue.

  2. Merci Anica pour ton témoignage très bien argumenté et ton point de vue. Très pertinent. L’Europe est multiple et complexe, tu le démontres.
    L’Histoire ne s’efface pas d’un coup de baguette magique. Cela rend les choses plus complexes, plus subtiles et allonge les processus. L’unité n’est pas pour demain, j’en suis parfaitement conscient. Mais j’en veux à ceux qui pronnent une marche à reculons.

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