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Huit Cents Neuf.
C’est le nombre de jours qui nous sépare du début de l’invasion de l’Ukraine démocratique par son voisin totalitaire russe. Soit deux ans, deux mois et dix-huits jours. Tout a commencé le 24 février 2022. Je m’en rappelle nettement. J’étais alors à Madrid en tant que professeur invité à l’Université Carlos III. Je n’en revenais pas. Poutine avait finalement osé franchir le pas. Le monde venait à nouveau de basculer. Moi qui est connu la Guerre Froide, la chute du Mur de Berlin et la fin de l’Union Soviétique j’étais inquiet bien sûr, comme beaucoup d’entres nous car la Russie est une puissance nucléaire. Qui savait alors ce que les jours suivants aller offrir ?.
Plus de deux ans désormais. La guerre fait toujours rage aux portes de l’Europe. Heureusement l’armée russe a peu progressé. Mais cela pourrait changer dans les semaines et mois à venir si nous, démocraties, n’aidons pas les ukrainiens à reprendre le contrôle et à repousser l’envahisseur.
Tout ça pour quoi in fine ? Reconstruire un empire qui s’écroulera à nouveau ? Se protéger un temps (par peur de la liberté) de l’occident et de ses valeurs ? Devenir plus fort et plus riche et laisser un jour le peuple russe en payer les conséquences ? Offrir à la Chine une opportunité inattendue d’étendre son pouvoir ?
Quel gâchis. Quelle bêtise. V. Poutine se trompe d’ennemi et de cible. Pendant ce temps là certains rient de nous voir nous battre et nous affaiblir. Ils ne pouvaient pas rêver d’un plus beau cadeau.

8 Mai

Nous sommes allés voir le défilé des Fêtes de Jeanne d’Arc cet après-midi à Orléans, comme presque tous les ans. Mais cette année, nous sommes restés jusqu’à la fin, ce qui ne nous était pas arrivé depuis plusieurs années, ayant pris l’habitude de filer au marché médiéval du Campo Santo après le départ de Jeanne d’Arc du parvis de la cathédrale.
Nous avons apprécié l’ensemble sous un agréable soleil, et nos invités coréens aussi. Des chars (ravi de revoir les Leclerc teintés en marron terne  » terre de France « ), des chevaux, des fanfares, des costumes et du folklore ; c’est peut-être ça la France vu de l’extérieur.

Nous sommes rentrés à temps pour voir l’arrivée magique de la flamme olympique dans le vieux port de Marseille après douze jours de voyage à bord du Belem, un fiers trois-mâts, à travers la Méditerranée. Très belle cérémonie, digne de la France. Que la flamme inspire les corps et les esprits à travers tout le pays. Nous serons là pour l’ouverture des Jeux Olympiques 2024. Je ne suis pas un très grand sportif mais j’apprécie l’engagement, l’effort et la volonté. J’aspire à ce que cet événement soit une grande réussite et mette la France et les Français sur le devant de la scène pour montrer au reste du monde que la France ce n’est pas que des cavalcades, du vin, des chateaux et des musées.

Lectures récentes

Voilà les ouvrages que je viens de lire. Il y en a moins que d’habitudes car mon temps libre était compté dernièrement avec les expériences de mon équipe en microgravité, l’analyse de mesures des fluctuations du plasma de divers propulseurs Hall dans différents régimes, la lecture d’articles et la préparation de l’IEPC 2024.

  • Une nuit particulière de Grégoire Delacourt,
  • La doublure de Mélissa Da Costa,
  • Avec les fées de Sylvain Tesson,
  • Le mage du Kremlin Giulian da Empoli.
J’ai voyagé sur les mers et à travers les terres et revu ma géographie avec Tesson, pris l’air et le large. Le roman de Mélissa Da Costa m’a surpris et conquis. Quant au Mage du Kremlin, il m’a aidé à mieux comprendre le moment présent et la vision Russe du monde et à décrypter plus en profondeur l’étrange et glacial Monsieur V. Poutine. A lire absolument en ces temps tumultueux.

Pauvre Sologne

Photographies de paysages en Sologne au printemps (sud de Jouy le potier).

J’ai parcouru des chemins de Sologne il y a quelques jours lors d’une petite randonnée ou d’une grande promenade, c’est selon. 28 kilomètres sous le soleil et un ciel relativement bleu après des jours, que dis-je, des semaines, de pluie plus ou moins intense. Je parcours le Loiret, le Loir et Cher et plus globalement la Région Centre Val de Loire à pieds ou à vélo depuis mon arrivée dans cette plate contrée en 2001. Les paysages, que j’ai vu se modifier au fil du temps avec notamment une artificialisation des sols – il est loin le temps où l’on pouvait parcourir les bords de la Loire sans piste à travers près et bois -, sont calmes et beaux. Forêts et clairières, étangs, marécages, et la Loire fleuve impérial bien sûr.
Il y a donc l’artificialisation galopante, alors qu’il faudrait aller en sens inverse et laisser la nature reprendre sa place, avec des pistes, des routes, des ouvrages d’art, des quartiers résidentiels, des zones commerciales et artisanales, mais il y a aussi l’engrillagement des forêts, surtout en Sologne, et l’élargissement des zones et réserves de chasse privées. Combien de kilomètres de clôtures, certaines faisant plus de deux mètres de hauteur ? Combien d’animaux pris au piège ? Combien de chemin condamnés ? Malgré un classement Natura 2000. Tout cela est dénoncé depuis longtemps maintenant. Mais rien ne bouge, si ce n’est dans la mauvaise direction. Toujours plus de grillage et de barrières.
Cela m’ennuie, me déprime un peu aussi. Je suis devenu las de cette métamorphose. Désormais j’irai ailleurs, plus au sud, aux portes du massif central.

A. N.

La nouvelle, lue dans un journal en fin de journée, m’a atterré. Je savais qu’un jour cela adviendrait. Mais au fond de moi j’espérais qu’il s’en sorte. Hélas…

Il l’a eu. Ils l’ont eu. Ils doivent sourire et célébrer cette disparition. Un de moins en travers de la route du Tsar. Que l’opposant russe Alexeï Navalny repose en paix, lui l’homme courageux qui n’a jamais cessé de dénoncer la corruption, la violence, la folie et la nature criminelle du régime de Poutine et ses sbires. Espérons qu’un jour, que j’espère proche, ils paieront pour leurs crimes, pour le mal fait à tant d’âmes.

Il faut se battre, non pas contre la Russie, pays et peuple opprimés par ses dirigeants depuis des siècles, mais contre les dirigeants russes, Vladimir Poutine en tête. Aidons l’Ukraine à gagner cette guerre, et préparons-nous à montrer les dents. Le nouveau Tsar rêve d’un nouvel empire, de la grand Russie, peu importe le prix à payer pour les autres. Il ira jusqu’au bout à moitié fou devenu. Barrons-lui la route pour que la démocratie triomphe sur les dictatures et les oligarchies, pour envoyer un signal à Xi Jinping, Kim Jong-un et tous les autres despotes.

Je vous invite à lire l’ouvrage intitulé « Le mage du Kremlin » de Giuliano da Empoli pour mieux comprendre le pouvoir Russe et la période que nous traversons.

Dernières lectures

Voilà les ouvrages que j’ai lu depuis la fin de cet été, pour vous inspirer et vous donner envie.

  • Soudain, seuls d’Isabelle Autissier,
  • Le réveil de Laurent Gounelle,
  • Sidérations de Richard Powers,
  • Kilomètre Zéro de Maud Ankaoula,
  • Métro 2035 de Dmitry Glukhovsky,
  • Dans les brumes de Capelans d’Olivier Norek,
  • L’Origine du Temps de Thomas Hertog,
  • Libre ! de Mike Horn.

Je conseille vivement Soudain, seuls, Le réveil et Sidérations. Genre et histoires différentes mais on sort grandis de ces lectures sur l’homme moderne loin de sa petite vie confortable, sur l’homme-mouton et sur la différence et l’autisme. Libre ! pour pendre le large, Dans les brumes de Capelans et Métro 2035, la fin de la trilogie, pour s’évader, passer du bon temps, voyager et prier que le monde ne finisse pas sous terre. Finalement, un ouvrage scientifique un peu technique sur la dernière théorie de Stephen Hawking sur l’origine de l’Univers qui remet à l’honneur l’interprétation quantique des mondes multiples d’Hugh Everett.

2024

L’année 2023 vient de s’achever ; 2024 pointe son nez. Rien ne dit qu’elle sera meilleure. On voudrait y croire mais le contexte international et les discours belliqueux de certains dirigeants ne laissent hélas rien présager de très bon. Il y a aussi l’absence évidente d’engagements forts contre le réchauffement climatique (2024 sera plus chaude que 2023, voilà une certitude) et la montée en puissance à vitesse grand-V de l’IA que personne i) n’avait vu venir et ii) ne sait gérer et orienter. Le monde s’adaptera tant bien que mal. On fera le bilan de cette nouvelle année dans 365 jours mais il est difficile d’être optimiste. Néanmoins, il ne faut pas baisser les bras ; la fin du monde n’est pas pour tout de suite. Garder espoir il faut, comme dirait un petit sage vert.

2024 sera au moins une année importante pour ma petite personne. J’ai en effet le plaisir et l’honneur d’organiser au mois de juin prochain à Toulouse la 38ème édition du Congrès International en Propulsion Electrique ou International Electric Propulsion Conference en anglais. J’y travaille, au sein d’une petite équipe pleinement investie, depuis déjà plus d’un an après la sélection de notre projet face à la Chine en 2020. Mais il est clair que le nombre de tâches s’accroit et que la pression commence à monter à désormais moins de six mois de l’échéance.
On fera tout bien sûr pour que cette édition française soit inoubliable et marquante aussi bien sur le fond que sur la forme. Cela commence bien puisque nous avons reçu 740 contributions scientifiques, un record… et une grande charge de travail en perspective. Pour en savoir d’avantage et suivre l’avancée des préparatifs, je vous invite à visiter le site web du congrès : IEPC 2024.

Charente

Paysages de Charente.

Randonnée de 39 kilomètres aujourd’hui en Charente au nord de la forêt de Brigueuil alors que l’année 2023 est sur le point de s’achever. Prendre un grand bol d’air frais, voire froid tôt le matin, se vider l’esprit, refaire le plein d’énergie, profiter des paysages d’hiver, penser et mettre en place le déroulé de l’année à venir même si tout ne peut pas être prédit, loin s’en faut.

Isp record

Traces du courant ionique enregistrées dans le faisceau de plasma du propulseur à arc sous vide PJP équipé d’une cathode en cuivre.

La figure ci-dessus montre la forme d’onde du courant ionique mesurée au cours d’une impulsion de courant à l’aide de sondes de Faraday dans la plume plasma du propulseur à arc sous vide (VAT en anglais) Plasma Jet Pack de COMAT équipé d’une cathode en cuivre (Cu). Les enregistrements ont été réalisés dans le cadre de la thèse d’Etienne Michaux financée par le CNES et COMAT. L’écart temporel entre l’intensité maximale de chaque courbe permet de déterminer la vitesse des ions connaissant la distance qui sépare les deux sondes. Il s’agit de la méthode dite de « temps de vol ».

Cette mesure indique ainsi que les ions atteignent une vitesse de 160 km/s, indépendamment de leur charge électrique, ce qui correspondrait à une impulsion spécifique (Isp) de 16330 s ! Il s’agit à notre connaissance du record d’Isp pour un propulseur ionique, cette valeur étant supérieure à celle obtenue avec un propulseur de la même famille par la startup Neumann Space.
Une telle valeur est cependant rare et statistiquement peu représentative, la valeur moyenne de la vitesse des ions dans les conditions de cette expérience se situant autour de 35 km/s. L’origine de ces bouffées d’ions ultra-rapides n’est pas connue. Il peut s’agir de l’effet d’instabilités à fort courant ou bien de la production d’ions hautement chargés accélérés électrostatiquement.
Les lecteurs intéressés pourront trouver des mesures et des informations additionnelles dans un article paru récemment dans la revue scientifique Aerospace : Time-of-flight measurements in the jet of a high-current vacuum arc thruster, Aerospace 10 1011 (2023).

Blindés

Char lourd israélien MERKAVA Mark 1 au musée des blindés de Saumur.

J’ai visité hier le musée des blindés de Saumur avec mon fils. Plus de quatre heures à arpenter les allées et les halls du musée sans voir le temps passer. Bien sûr il faut aimer les chars d’assaut et l’histoire des batailles et des guerres qui ont marquées les décennies écoulées. La collection du mussée est vraiment incroyable ; je recommande sa visite à tous, petits et grands, amateurs ou non de machines de guerre. Le musée présente la quasi-totalité des véhicules blindés ayant été créés et employés depuis le début du XXème siècle et la premières guerre mondiale. On y trouve les premiers chars, les blindés allemands de la deuxième guerre mondiale dont les Panzers et le célèbre Tigre, les Sherman et Patton américains, les chars français dont le lance-missile nucléaire Pluton et les prototypes AMX 40 et AMX 50 que je ne connaissais pas malgré un service militaire effectué dans la cavalerie, les blindés soviétiques du Pacte de Varsovie et des chars récents comme le Leclerc, les Leopard allemands et le Merkava israélien qui m’a particulièrement marqué par son profil et sa stature si imposante.
Nous sommes sortis du musée comblés par la visite, émerveillés quelque part par ses monstrueuses machines à tuer mais tout de même effrayés par le génie humain à l’oeuvre lorsqu’il s’agit de faire la guerre et de combattre.