Prix Edmond Brun

Remise du prix Edmond Brun, Académie des Sciences, 23 novembre 2021.

J’ai reçu hier après-midi à l’Institut de France à Paris le prix Edmond Brun de l’Académie des Sciences pour mes travaux en propulsion spatiale : Cérémonie de remise des prix 2021 de l’Académie des Sciences.

Je suis profondément honoré par cette distinction prestigieuse qui récompense plus de vingt-cinq années de travaux de recherche dans les domaines de la physique des plasmas et de la propulsion ionique.

Naturellement, il ne s’agit nullement de l’accomplissement d’un seul homme. Je souhaite donc chaleureusement remercier tous ceux qui m’ont accompagné dans cette belle aventure : mes proches, mes amis, mes doctorants, mes étudiants, mes vrais collègues et tous ceux qui m’ont épaulé, forcé à toujours donner le maximum et poussé à me remettre souvent en cause.

Je tiens à dédicacer ce prix à mon collègue et ami disparu trop tôt, le Professeur Michel Dudeck, qui m’a orienté vers la propulsion spatiale tout en me laissant prendre mon envol.

Enfin, je dédie ce prix à mon Père, lui aussi partit bien trop tôt. Il aurait été fiers de son petit garçon.

Le prix Edmond Brun est un prix biennal alternatif créé en 1980 destiné à un chercheur travaillant dans le domaine de l’astronautique ou dans le domaine de la mécanique des fluides et de la thermique.

53

Vue sur la Tour Eiffel depuis le 53ème étage de la tour Montparnasse.

J’étais à Paris hier. Je n’y avais pas mis les pieds depuis le printemps dernier, et encore, ce fût en coup de vent. Ma véritable dernière visite dans la capitale de la France remonte à 2019. Presque deux ans. La signature de la CoViD. Paris m’a un peu manqué. J’apprécie toujours autant cette ville, ses rues, ses immeubles et façades, ses monuments, la Seine et ses quais.

Je n’étais pour autant pas en ballade. J’ai rencontré la jeune et dynamique équipe de la startup GAMA. Nous avons passé plusieurs heures fort agréables et enrichissantes à parler et à partager nos points de vue sur l’exploration spatiale, les voyages interplanétaires et la propulsion car GAMA développe des voiles solaires pour les nano- et les micro-satellites. C’est l’une des rares startups, sinon la seule, à miser sur cette technologie efficace qui ne nécessite dans sa version primaire, ni énergie, ni carburant ; le moyen idéal de se déplacer sur de longues distances. Le lecteur intéressé peut consulter ce récent article pour en apprendre plus : « Prospects and physical mechanisms for photonic space propulsion, Nature Photonics 12, 649 (2018) ».

GAMA est située au 53 ème étage de la tour Montparnasse. Je n’avais jamais mis les pieds dans cette tour que j’ai pourtant vu tant de fois. Quelle vue superbe, incomparable. Sans doute la plus belle vue de Paris. On aperçoit tous les quartiers, tous les monuments les plus célèbres, dont la Tour Eiffel. Je reviendrai bientôt c’est certain, et cette fois en famille. Le panorama vaut le déplacement. Je le recommande vivement à tous.

Inspiration 4

SpaceX vient de mener le premier vol habité privé. Quatre personnes (deux femmes et deux hommes) ont fait plusieurs fois le tour de notre planète en orbite basse à bord de la capsule Crew Dragon pour quelques dizaines de millions de dollars. Le vol a duré trois jours et s’est terminé par un amerrissage au voisinage des côtes de la Floride. Après Virgin Galactic et Blue Origin, SpaceX nous projette à son tour dans l’ère du tourisme spatial.

La mission Inspiration 4 me laisse perplexe. Voire même dubitatif. Quel est le but d’un tel voyage ? Quelles valeurs y associer ? S’il s’agit juste de constater la rotondité de la Terre, pas besoin de prendre une fusée. On peut regarder des photographies prises depuis l’espace, prendre l’avion, regarder l’océan à l’horizon… Faire l’expérience d’un long vol en microgravité ? Frimer ? Gagner de l’argent ? J’avoue ne pas vraiment comprendre. Je ne parle même pas de la pollution engendrée, de l’impact climatique, des ressources gaspillées. Si ce genre de tourisme venait à croître à l’avenir, les conséquences globales sur l’environnement pourraient être désastreuses. Je pense qu’il y a aujourd’hui des enjeux bien plus importants que le développement du tourisme spatial.

J’ai toujours, depuis ma plus petite enfance, était fasciné par la conquête de l’espace, par l’Univers et ses mystères. J’en est même finalement fait mon métier. Mais je milite pour une vision scientifique et non ludique. C’est l’exploration du système solaire qu’il faut mettre en avant, non le divertissement d’une certaine élite.

Congrès MPCS-5

Affiche du congrès MicroPropulsion & CubeSats 5.

J’ai organisé et supervisé, avec mes collègues et amis L. Garrigues du LAPLACE et A. Rossi du CNES, la 5ème édition du congrès MicroPropulsion & CubeSats (MPCS) la semaine dernière : MPCS-5. Après Bari, Singapour, Washington et Pékin, le congrès était cette année organisé depuis Toulouse et non, hélas, à Toulouse. En effet, à cause de la pandémie de COVID-19 et de la situation sanitaire mondiale, il nous a semblait plus raisonnable de réaliser l’édition 2021 en mode virtuel, même si ce type d’événements freine les échanges et abolit l’aspect social et la convivialité, si précieux aux yeux des chercheurs, quel que soit la discipline.
Le congrès, dont la taille est limitée depuis sa création afin de garder une atmosphère amicale, a cette fois-ci rassemblé 80 participants provenant de 20 pays. Nous avions programmé 30 conférences, 8 conférences invitées (CNES, ESA, Exotrail, ThrustMe, Comat, Gama, ienai Space) et 2 tables rondes, l’une centrée sur la science et l’autre sur les technologies et les perspectives. Une fois encore l’événement a répondu aux attentes, avec la présentation de nouveaux résultats et de nouveaux systèmes propulsifs, avec des conférences de grande qualité, avec des échanges nombreux et riches, et des discussions animées et passionnées. Un grand merci à tous pour votre participation et votre enthousiasma. Rendez-vous en 2023 pour la 6ème édition.

Randonnée avec Rimbaud

Sentier dans la forêt Limousine. Monts de Blond, non loin du Rocher de l’Amour.

Randonnée hier dans les monts du Limousin. 49 kilomètres parcours en 10 heures avec un temps relativement maussade sans jamais apercevoir un petit coin de ciel bleu. On a évité la pluie, c’est déjà ça. Le ciel est resté gris toute la journée et la température n’a jamais dépassé 17°C. C’est la première fois que je portais une veste lors d’une marche en plein mois d’août. Etrange météo.

Mais peu importe, c’était bien, comme toujours. De jolis paysages, très différents de ceux vus en Espagne le mois dernier, de l’effort physique et du temps pour la réflexion. J’ai aussi un peu discuté de tout et de rien avec les personnes croisées, beaucoup plus nombreuses qu’à l’accoutumé. Le vert fait du bien après des mois de crise sanitaire et de restrictions dans un monde qui va de mal en pis.

J’avais emporté «  Un été avec Rimbaud  » de Sylvain Tesson. J’ai lu plusieurs pages au fil de mes pas. j’ai ainsi découvert de magnifiques vers écrit par l’auteur du « Bateau ivre », beau jeune homme hors norme à la vie courte (décédé à 37 ans) mais intense qui lui aussi aimait marcher pendant des heures, pour s’évader d’un monde trop étroit et jouer avec les mots et les émotions.

Mont Peñalara

Sommets au voisinage du mont Peñalara.

Réveil matinal hier pour partir randonner dans le massif montagneux de la sierra de Guadarrama au nord de Madrid. Magnifique journée avec une météo parfaite. Nous avons parcouru une boucle de 21 km à travers de superbes paysages que je n’imaginais pas à quelques dizaines de kilomètres de la capitale espagnole. Nous avons gravi le Peñalara, le plus haut sommet de la chaine qui culmine à 2430 m. Nous avons même pu accéder à la dernière petite plaque de neige coincée au pied d’une abrupte falaise. Ce sera ma dernière randonnée M pour cette année ; je suis ravi d’avoir terminé la série de cette façon. Un grand merci à tous les jeunes doctorants qui m’ont accompagné. On a passé un beau moment ensemble. A refaire l’année prochaine.

Casa de Campo

19. 21. 11. 18. 24. 21. Ces six nombres correspondent à des kilomètres. Il s’agit des distances que j’ai parcourues ces dernières semaines lors de randonnées dans les environs de Madrid, principalement dans le parc Casa de Campo. Il s’agit d’un parc, ou plutôt d’une forêt, de plus de 1700 hectares culminant à 730 m situé la partie ouest de la ville.

Le parc est très vallonné. A chaque sortie le dénivelé moyen affronté était autour de 1 km en valeur absolue. A cela il faut ajouter la chaleur avec des températures oscillants entre 30 et 35 degrés. J’en ai bien profité après 18 mois étranges avec peu de sorties, peu d’activités et 3 trois confinements coincé dans ma maison et mon jardin. Si la météo le permet on va grimper à 2500 m la semaine prochaine. J’ai hâte d’atteindre le sommet.

O2

Le symbole de la molécule d’oxygène. On la qualifie de molécule diatomique homonucléaire car elle est composée de deux atomes identiques. Il en va de même pour l’hydrogène (H2), l’azote (N2), le dichlore (Cl2), le diiode (I2)…

C’est aussi le titre d’un film de science fiction sortit au mois d’avril sur la chaine Netflix.
Une jeune femme se réveille Elle est enfermée seule dans un caisson cryogénique de la taille d’un grand cercueil. Elle ne se rappelle plus de rien. Qui est-elle ? Pourquoi est-elle prisonnière de cette boite ? Le temps presse pour répondre à ces questions et reconstituer le parcours car l’oxygène commence à se raréfier.

Je viens de le regarder. Certes, la première demi-heure s’écoule lentement. Elle est un peu assomante et je comprends que l’on puisse abondonner. Mais l’histoire doit se mettre en place. Ensuite on se laisse porter. Nous aussi on ve comprendre, on veut savoir. J’ai bien aimé. J’avais imaginé plusieurs scénari, plusieurs explications. Mais j’ai visé à côté. Belle surprise. Belle construction.
Mélanie Laurent est seule face à la caméra, ou presque, tout au long du film. Belle performance d’actrice. J’ai lu beaucoup de critiques négatives dans la presse et sur Internet. Je ne les comprend pas et je ne suis pas d’accord. Elle est juste dans son jeu. On y croit.
L’histoire est crédible, ce qui est rare dans le domaine de la SF, et surprenante. Regardez ce film. Vous jugerez.

CNRS dans Maddyness

Le CNRS s’est associé à Maddyness, le magazine des Startups Françaises, pour une mini série sur les liens étroits entre le CNRS, ses chercheurs et les startups de la DeepTech. La série est en accès libre sur la chaine MaddyPlay.

L’épisode 4 de la série, intitulé Startups et laboratoires, des liens privilégiés, concerne plus particulièrement mon laboratoire et mon équipe. Jean-Luc Maria, le CTO de la startup française Exotrail qui travaille dans le domaine de la micropropulsion et des microsatellites, y décrit intelligemment les relations fortes entre Exotrail et ICARE qui ont donné naissance il y a un peu plus de deux ans à la création du laboratoire commun ORACLE que je dirige. Les liens et les intérêts communs entre la recherche fondamentale, les applications, les entreprises et le marché sont expliqués de façon claire et pertinente. A voir pour tous ceux qui hésitent encore à franchir le pas. Le CNRS, nos entreprises et la France ont tout à gagner d’un rapprochement appuyé et serein entre les chercheurs et les entrepreneurs dans un monde ou la compétition est féroce, les défis sont extrêmes et les possibilités infinies.

Je conseille aussi l’épisode 3 qui traite de la place des Femmes dans la deeptech et dans les Science en général, un sujet encore trop négligé. Il est vrai que dans certains domaines, dont celui de la Physique, les femmes sont sous représentées. C’est à la fois triste et dommageable car elles apportent une vision et une approche différentes. Les femmes ont toute leur place dans nos disciplines. Il faut que les choses changent. Cela passe par la communication, l’information mais aussi et surtout par l’éducation. Il faut changer les regards et les postures, au grand bénéfice de tous. Dans cet épisode, on peut notamment écouter Martina Knoop, Directrice de Recherche au laboratoire PIIM à Marseille et directrice de la Mission pour les initiatives transverses et interdisciplinaires du CNRS et Ane Aanesland, CEO de la startup ThrustMe et ancienne chercheure au CNRS. J’ai eu la chance et le plaisir de côtoyer ces deux femmes au parcours exemplaire.

L’intégralité de la série est aussi disponible sur la chaine YouTube du CNRS.

Confinement n°3

J’écrivais il y a quinze jours un court article sur la pandémie de Covid-19 et l’année écoulée. Je ne me doutais pas qu’un troisième confinement approchait. Je n’y croyais pas en fait. Je pensais que la stratégie de notre gouvernement allait fonctionner. Mais hélas il n’en est rien. Les chiffres s’emballent. Les hôpitaux sont au bord de la saturation avec des personnels fatigués et las. Nous n’avons pas le choix. Alors les écoles seront fermées, de nombreux commerces aussi, la part de télétravail augmenté. Les semaines à venir vont être compliquées, chamboulées. Les travaux de recherche de mon équipe vont être impactés. Malgré des restrictions, on avait repris un rythme de croisière depuis septembre. L’impact du premier confinement était ainsi limité. Là, nous allons faire un bond d’un an en arrière. Je pense aussi à mes étudiants qui subissent les cours en ligne depuis une année, qui ne trouve pas de stage et qui vont entrer sur un marché du travail dégradé. Sale temps.