Archives de catégorie : Réflexions

VP n’a pas l’intension d’arrêter

Vladimir Poutine ne lâchera rien. Il veut reconstruire l’empire et poursuivre la guerre comme il le fait depuis qu’il a pris le pouvoir en Russie. Il en a besoin pour se maintenir au pouvoir et aveugler le peuple. En ce qui concerne l’Ukraine, comment pourrait-il justifier un arrêt, voire un retrait des troupes. Une défaite à ses yeux et aux yeux des patriotes qui le suivent et le soutiennent. La guerre durera, longtemps. Donald Trump n’y changera rien d’autant plus que la Chine aide la Russie. Je me demande à quel point le président Trump pensait pouvoir mettre un terme à ce conflit en quelques jours ? Croyait-il vraiment que la rencontre à Anchorage en Alaska allait modifier la vision du leader russe ? Je pense qu’il est suffisamment ignorant, inculte et imbu de lui-même pour y avoir cru. C’est hélas VP qui a su tirer profit de cette visite d’état. Je crois aussi qu’il a plus été question de l’océan arctique et de ses ressources potentielles que de la guerre en Ukraine. Une affaire de business et de deals.

Tout cela m’amène à être plutôt pessimiste. Le conflit va durer avec le risque que les Etats-Unis se lassent et nous laissent seuls régler ce problème, qui vu de l’autre côté de l’Atlantique les concerne peu. L’Europe doit donc se préparer et renforcer sa défense. L’état d’esprit doit changer, d’autant plus vite que l’attaque Russe d’hier sur le sol polonais est un avertissement. Le temps presse de montrer les dents.

Séminaire EPT

Je rentre de Madrid où j’ai participé à la première édition du séminaire international « Electrode-Less Plasma Thrusters » organisé par mon collègue Mario Merino de l’Université Carlos III. Le séminaire a regroupé une quarantaine de chercheurs venus de toute l’Europe et même de plus loin. Les deux jours ont été ensoleillés, très amicaux et intenses car il y avait de nombreux points à partager et à débattre sur une thématique en plein essor, en particulier à cause des travaux sur les ergols moléculaires, où tout, ou presque, reste à faire.
J’ai présenté les résultats d’études par spectroscopie de fluorescence induite par laser sur l’écoulement des ions obtenus dans la tuyère magnétique d’un propulseur RF et d’un propulseur ECR à Madrid (Chaire d’Excellence) et dans l’arche magnétique d’un propulseur ECR double à ICARE (séjour de C. Boyé).
Cette première édition du séminaire EPT est à mes yeux un succès. J’attends avec impatience la seconde édition.

La guerre d’après

 » La guerre d’après  » est le titre du dernier ouvrage paru de Carlo Masala. Je l’ai lu d’une traite hier. Dans ces 160 pages, l’auteur décrit l’un des innombrables scénarios possibles de l’après-guerre en Ukraine. On pourrait sourire et n’y voir que de la fiction. Mais l’auteur est un spécialiste des relations internationales. Cette information en tête, on rit moins. Le scénario est hélas fortement réaliste.

Comme l’auteur je pense que la Russie ne s’arrêtera pas à quelques centaines de kilomètres carrés de territoires conquis en Ukraine. L’objectif de V. Poutine est clair, il ne l’a d’ailleurs jamais caché : recréer l’URSS et changer l’ordre mondial, au profit de la mère patrie, et de la Chine. On doit se préparer au pire sans croire qu’un accord de paix ou qu’un quelconque accord de cesser le feu signera la fin de la partie et garantira des décennies de paix. Sans une prise de conscience des dangers qui nous menacent, et surtout sans actions concrètes, nous et nos enfants paierons le prix fort.

Habemus Papam

Le Pape François est mort. Au Vatican le lundi de Pâques. Le Conclave s’est alors réuni afin d’élire son successeur. Un cardinal a été élu. Les fidèles massés sur la place Saint-Pierre attendaient le signal, fameuse fumée blanche annonçant l’élection d’un nouveau souverain pontife. La célèbre phrase latine a enfin été prononcée. « Habemus Papam ». « Nous avons un Pape ». Léon XIV est un jeune Pape de 69 ans né à Chicago. Un Pape américain comme un pied de nez à celui qui siège à la Maison Blanche. La disparition de François a été un choc dans un monde en proie à la violence, au désespoir et à la montée de tous les extrémismes. Je n’imaginais pas la ferveur qui allait s’emparer d’une partie de la planète à l’arrivée de ce nouveau Pape. Cela en dit long sur l’état du monde et la détresse des peuples.

Dans les années 90, alors que je terminais mes études en Sciences, j’imaginais volontiers la fin des Religions après celle de l’Histoire. A quoi bon faire appel à un Dieu ? A quoi bon faire confiance à des textes vieux de plusieurs siècles à l’image du niveau de savoir de l’époque ? Tout cet attirail désuet allait bientôt disparaitre au profit de la Science et du Savoir, seules vraies valeurs, seules véritables socles. Je dois bien avouer que je me suis totalement planté. Loin de s’évanouir, les religions, vraies comme fausses, bonnes ou mauvaises, sont revenues. Le 21ème siècle sera donc celui des Dieux et du chaos. La Science, bien que dominante et omniprésente, redeviendra invisible. Peut-être pour mieux servir ses créateurs ?

Lectures

Voilà un liste d’ouvrages parcourus au cours des quatre premier mois de l’année 2025, dans le désordre.

– Houris de Kamel Daoud,
– Lux de Maxime Chattam,
– Les effacés de Bernard Minier,
– L’ère de la supernova de Liu Cixin,
– Libre de Mike Horn,
– Le problème à trois corps de Liu Cixin,
– La femme de ménage de Freida McFadden,
– Son odeur après la pluie de Cédric Sapin-Defour,
– L’arche spatiale de Peter F. Hamilton,
– Initiation à la Physique Quantique de Valerio Scarani.

Houris a obtenu le prix Goncourt en novembre 2024. C’est amplement mérité étant donné le sujet, les mots, l’écriture. K. Daoud y parle, à travers la vie et les mots d’une jeune rescapée pleine de vie, de la guerre d’Algérie. Pas la première, pas la notre mais la leur, celle dont on ne parle pas, celle qui n’a pas eu lieu. A lire pour mieux comprendre le monde d’aujourd’hui. J’ai découvert l’auteur de SF chinois Liu Cixin avec le problème à trois corps, après avoir regardé la série. Etonnant. J’ai relu l’ouvrage de V. Scarani durant ma convalescence. Je ne m’en lasse pas. L’une des meilleures introduction à la mécanique de l’infiniment petit qui soutient le monde d’aujourd’hui, mais qui le sait ?
M. Chattam bascule dans la SF avec « Lux » ce qui montre l’étendue de ses capacités romanesques. Ce livre permet de s’évader et propose en filigrane une réflexion sur le futur à moyen terme de notre civilisation.
Quant au livre de C. Sapin-Dufour, je le conseille vivement à tous ceux qui aiment les chiens. Bel ouvrage qui traduit si bien ce que des millions de personnes pensent et ressentent.

Reprise

J’aurais pu intituler cet texte « Retour ». Je viens de reprendre mes activités au laboratoire ICARE du CNRS après deux mois d’arrêt maladie. Je me suis malencontreusement fracturé sévèrement le plateau tibial (partie haute du tibia) en février dans les Pyrénées. Rapatriement sur Orléans puis opération au CHU avec pose d’une plaque et de plusieurs vis en titane. S’en est suivit une période d’immobilisation totale de la jambe sans autorisation de poser le pied à terre. Cette période fut longue et difficile à traverser quand on fonce tous les jours, quand on a la tête pleine d’idées et d’envies, quant on est libre. Je suis ravi qu’elle fasse désormais partie du passé. J’ai appris à me servir d’une chaise roulante pour avoir un minimum d’autonomie puis de béquilles avant finalement – depuis peu – que je puisse poser le pied, utiliser à nouveau ma jambe et marcher lentement et clopin-clopant. Quelle joie ce fut de pouvoir sortir à nouveau, se promener sur quelques centaines de mètres, croiser des gens et redevenir indépendant et utile un minimum. La fin de ce calvaire en miniature fera hélas un malheureux, notre chien Elvis, qui a pu passer deux mois à plein temps avec son maître.

Cette période a été propice à la réflexion, à la lecture et à la vision de quelques films que je gardais depuis longtemps dans un coin. Le soutien de mes amis et nos discussions m’ont aussi aider à traverser cette période sombre. J’ai travaillé aussi, tous les jours, garder le contact avec mon équipe et le laboratoire. Ecriture d’un article, de rapports, lecture d’articles et d’ouvrages scientifiques, préparation de nouveau projets et gestion à distance de la vie d’une unité et de la recherche en général. En regardant en arrière, je me dis que c’est une chance d’avoir eu cette possibilité, sinon fou je serai devenu à ne presque rien faire et à tourner en rond jours et nuit.

J’ai aussi regardé de mon canapé ou de mon lit le Monde vaciller et être secoué par les décisions incohérentes et souvent bêtes du 45ème et 47ème Président des Etats-Unis d’Amérique et de sa troupe hétéroclite. On a pas fini de rire et de pleurer. En trois mois il aura démoli une partie de ce que les nations avaient mis des décennies à bâtir, il aura semé la pagaille, il aura installé le doute et renforcé la détestation des Etats-Unis. Sans oublier les décisions prises contre la lutte contre le réchauffement climatique, de quoi envoyer la planète entière vers le chaos plus vite alors que le temps nous manque déjà. Trump II semble en grande forme, ses sbires aussi. Il reste 1400 jours. Que ça va être long… Souhaitons que sous les coups bas, les coups sur la tête et les insultes, l’Europe s’émancipe et prenne enfin son envol.

Coût d’un lancement

Voici une figure que j’ai présenté à mes étudiants de Master pour la première fois au mois d’octobre dernier. Le graphique montre le coût en dollars de la mise en orbite basse d’un kilogramme de charge utile en fonction de l’année et du lanceur utilisé. La source principale des données est CSIS Aerospace Security Project, Payload Research estimates | 2022, 2024 (OurWorldInData.org) . On peut faire plusieurs commentaires. En faisant abstraction du lanceur lourd StarShip de Space X, le coût moyen du kg lancé avoisine les 10000 $. C’est la valeur communément mentionnée dans les ouvrages et les articles. On remarque le coût exorbitant d’un envoi avec la défunte navette spatiale américaine, environ 100000 $/kg. Le coût est plus élevé avec des petits, autour de 20-30 k$/kg. Le lanceur réutilisable Falcon 9 a fait chuter le coût à 2000 $/kg. Son grand frère Falcon Heavy fait même descendre le kg à 1000 $. Mais la cute la plus vertigineuse est générée par le lanceur StarShip avec un coût estimé autour de 200 $/kg.

La cible en vue est donc un prix du kg autour de 100 $, soit un gain d’un facteur 100 par rapport au coût standard. Une telle valeur conduirait à une révolution avec un accès à l’espace abordable pour tous. Une réelle économie de l’espace pourrait alors se développer, non seulement en orbite terrestre, mais aussi en orbite lunaire, sur le sol de la Lune, en orbite martienne et sur la surface de Mars. L’étude et l’exploitation des astéroïdes pourrait devenir une réalité, tout comme l’exploration à grande échelle de notre système solaire. Une nouvelle ère en fin de compte.
Un coût aussi bas aurait aussi un impact sur le type de propulsion employée sur les satellites, les sondes et les autres types de véhicules spatiaux. La propulsion électrique continuera d’équiper les petits véhicules mais la propulsion chimique, qui nécessite une plus grande masse de carburant, pourrait faire son retour pour les grands véhicules. Une combinaison PC/PE, que l’on appelle le mode hybride ou le mode dual, pourrait alors être la meilleure solution.

2025

L’année débute sous de mauvais auspices pour l’ensemble des peuples de la planète. Je ne vois rien arriver de bon à l’horizon avec Trump, Poutine, Xi et leurs nombreux acolytes sauf pour quelques privilégiés. Sale temps pour la planète, les femmes, les pauvres, les faibles… Assistera-t-on au grand bon en arrière qui effacera 70 ans de progrès et d’avancées ? Je ne le souhaite pas. Je n’y crois pas non plus, malgré les tempêtes à venir. On jugera dans 364 jours.

Sinon, pour se changer les idées, voilà quelques particularités du nombre 2025 qui est un nombre assez remarquable. On peut facilement trouver ses propriétés sur Internet.

2025 = (20 +25) × (20 + 25) = 452 = (1 + 2 + … + 9)2

2025 = xu × yv × zw avec x, y, z, u, v, w dans l’ensemble {1, 2, 3, 4, 5, 6}.
On montre que 2025 = 16.34.52

2024 s’en va

L’année 2024 est sur le point de se terminer. Voilà les grands, de mon point de vue, faits qui on marqué les 365 jours écoulés, le tout dans le désordre chronologique :
Le congrès international IEPC que j’ai organisé à Toulouse en juin, la visite (ma première) de la grotte de Lascaux, le séjour en famille à San Sebastian cet été, la poursuite de la guerre en Ukraine, le conflit israélo-arabe, le vol du Starship de Space X et la récupération du premier étage, notre campagnes de vols en apesanteur dans l’Airbus A310 Zero G de Novespace, l’élection sans appel de D. Trump à la Maison Blanche, le décès de Maïté, M. Blanc, F. Mitterrand, S. Doherty, C. Lévy…, les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris avec les cérémonies d’ouverture (grandiose) et de clôture, l’entrée au collège de notre fils.

L’année 2025 est désormais devant nous. Dans le contexte mondial actuel et avec l’arrivée prochaine au pouvoir de D. Trump et ses copains milliardaires il me semble que rien de bon ne s’annonce pour le monde et son avenir. Un retour en arrière est en cours. L’ouverture et les accords internationaux vont laisser la place aux rapports de force et à l’intimidation, au repli sur soi et aux relations bilatérales, le fameux  » deal  » de D. Trump. Un monde où le plus fort gagne et impose sa vision aux autres. A ce jeu, ni l’Europe ni la France ne sont prêtes.

L’Homme en bleu

Il était malgré lui devenu une figure de ma ville natale, Limoges, avec son bleu de travail, ses bottes en caoutchouc et son vieux vélo. Il pédalait tous les jours, que le soleil brille, qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il fasse chaud ou froid, traversant la ville au milieu du trafic. Je l’ai croisé des centaines voire des milliers de fois dans ma jeunesse dans le quartier du Sablard où j’ai grandi. Il m’a accompagné au quotidien sans même le savoir.

L’Homme en bleu, comme les limougeauds le surnommait, n’est plus de ce monde. Jean-Marc Chatard, de son vrai nom, a été tué il y a quelques jours à Eyjeaux renversé par un automobiliste. J’ai été profondément touché et ému par cette triste nouvelle. Je ne m’y attendais pas. Je m’étais sans le savoir attaché à lui, à ce symbole et à ce qu’il représentait : la simplicité, une forme d’abnégation, le courage d’affronter les éléments et les autres. Un avangardiste, sans qu’il le sache, sans que je m’en doute quand je l’apercevais avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny ou bien avenue du Sablard où j’ai vécu plus de deux décennies. C’était aussi un représentant, un des derniers peut-être, de la classe ouvrière dans la ville où la CGT est née.

Je remercie tous ceux, de Limoges et d’ailleurs, sans la presse, à la télévision et sur les réseaux sociaux qui lui ont rendu hommage. Aux marcheurs qui ont défilé en bleu dans les rues de Limoges. Au maire qui a fait éclairer la Mairie en bleu. Merci. Que l’Homme en bleu repose en paix. Qu’il reste un symbole et un exemple.