Congrès Space Propulsion 2014

Je suis sur le chemin du retour du congrès Space Propulsion 2014 qui s’est déroulé cette semaine à Cologne en Allemagne à l’hôtel Maritim au bord du Rhin.
Ce congrès biennal, organisé par l’AAAF, le CNES, l’ESA et le DLR, et dont c’était la quatrième édition, a rassemblé plus de 500 personnes, chercheurs, ingénieurs, managers et industriels, qui travaillent dans le domaine de la propulsion spatiale, aussi bien chimique qu’électrique. Tous ceux qui comptent pour la propulsion en Europe étaient au rendez-vous.
Cette grande messe, qui monte en puissance, a aussi accueillit cette année des représentants de Space X et d’Aerojet et plusieurs délégués de la NASA, en particulier du Glenn Research Center.

Bien que le développement du lanceur européen Ariane 6 fût au cœur de bien des discussions, je me suis naturellement focalisé d’avantage sur la propulsion électrique. La très bonne nouvelle, c’est que cette dernière décolle enfin. Il s’agit désormais de préparer à court terme des satellites de télécommunication géostationnaires « tout électrique », c’est-à-dire dont le transfert d’orbite sera aussi assuré par des propulseurs à plasma, mais également de réfléchir à l’utilisation de la PE à grande échelle pour des orbites de basse altitude. Les missions scientifiques et les missions d’exploration reviennent aussi sur le devant de la scène avec des réflexions sur des propulseurs et des systèmes d’alimentation de forte puissance.

Voilà pour ma part ce que je retiendrai de ce congrès, en plus d’une organisation sans faille :
– l’intérêt de la communauté, même de la NASA, pour nos travaux avec le propulseurs PPS-Flex à champ magnétique variable (voir mon billet du 1er novembre 2013) et pour le concept novateur de propulseur de Hall sans parois (Wall-Less Hall Thruster),
– la validation de l’écrantage magnétique (magnetic shielding en anglais) sur le propulseur de Hall NASA-300M à 20 kW au NASA Glenn,
– le développement de la micro-propulsion électrique avec des systèmes tels que le micro-RITs, la source ECR de l’ONERA et les moteurs à colloïdes,
– les avancées sur le propulseur allemand HEMP,
– l’installation sur le sol européen (en Irlande) de l’entreprise américaine Aerojet Rocketdyne à travers la société European Space Propulsion,
– les excellents résultats obtenus par la Snecma avec le PPS®1350-E à 2,5 kW,
– 91000 heures ; il s’agit de la durée de vie du moteur ionique à grilles américain NSTAR. Il faut noter que la campagne a été arrêtée pour des raisons budgétaires et non à cause d’une défaillance du propulseur,
– et enfin le besoin exprimé (notamment par les Primes) d’une standardisation des systèmes de diagnostic des propulseurs, en particulier ceux qui sont employés pour des mesures dans le faisceau d’ions.

L’édition 2014 du SP est pour moi un très bon cru. Les discussions et les échanges ont été enrichissants, profitables. Je rentre ainsi avec de nombreux projets en tête pour mon équipe. Ce congrès fût aussi un moment de retrouvailles avec mes collègues et mes amis étrangers.
Et puis, à quelques jours des élections européennes, c’est aussi la preuve que les pays de l’Europe peuvent s’unir et travailler ensemble dans la même direction pour que cela profite au plus grand nombre.

Rendez-vous à Rome en 2016 pour la cinquième édition de Space Propulsion.

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