Livre blanc sur la défense

Un livre blanc sur la défense vient d’être remis au Président de la République. Il s’agit du quatrième depuis 1972. Il n’y a rien de vraiment surprenant et inattendu dans ce livre. Dans un contexte de crise économique aigüe, on s’attendait à une réduction du budget de la défense pour les années à venir en parallèle d’une redéfinition des missions, des priorités et des besoins associés.
Par exemple, il est prévu une réduction des effectifs : 34000 postes devraient être supprimés d’ici à 2019, principalement dans l’Armée de terre. On peut trouver sur le site web du journal Le Monde une projection des forces françaises en 2020. Mais cette baisse des capacités humaines va permettre une modernisation de certains équipements, le maintient de la dissuasion et l’augmentation des dotations pour certains axes (renseignements, lutte anti-terroriste, lutte contre la cyber-menace).
N’en déplaise à certains, ce livre blanc était en fait nécessaire car les décisions et les orientations prises avant la crise étaient caduques. Un état des lieux s’imposait donc avec une nouvelle feuille de route.

Je m’inquiète tout de même de la baisse continue du budget français de la défense depuis les années 1960. Plus globalement, les dépenses militaires chutent dans l’ensemble des pays européens. Seuls quelques états, dont la France et l’Angleterre, maintiennent une réelle capacité de défense/riposte et d’innovation.
Qu’on le veuille ou non, l’armement est un secteur clé pour de multiples raisons. C’est un secteur de haute-technologie avec des applications civiles et militaires à forte valeur ajoutée. C’est un secteur où la R&D joue un rôle central et qui sert de banc de test pour de nombreux systèmes (e.g. la propulsion). Enfin c’est un secteur dont le développement participe paradoxalement au maintient d’une paix relative.
En-dessous d’un certain seuil budgétaire, il me semble que l’on prend des risques. Risque de ne pas pouvoir mener un politique étrangère digne de ce nom, risque de ne pas pouvoir faire face à d’éventuelles menaces, risque de ne pas pouvoir défendre ses intérêts et ses approvisionnement en ressources. En deux mots, risque de ne plus compter. Et si l’Europe n’était pas loin de ce seuil au moment où le monde devient de plus en plus instable, de plus en plus incertain ?

 

 

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