Quand le petit blanc a peur

Malgré ses frasques invraisemblables, sa vulgarité et ses sorties d’un autre siècle, Donald Trump sera le 45ème président des Etats-Unis d’Amérique. Le peuple s’est exprimé.
Personne, ou presque, n’avait imaginé sa victoire. Hier encore, à la radio et dans la presse, Hillary Clinton était donnée largement gagnante. Dur réveil, comme trop souvent ces derniers temps. Hillary ne sera pas la première femme élue à la tête du plus puissant pays de la planète.

La grande majorité des médias et des spécialistes en politique n’ont pas vu venir la victoire de l’excentrique milliardaire américain. Tout comme ils n’ont pas prédit le Brexit, certains de la pertinence de leurs analyses. Il y a bien sûr une forme de déni protecteur à ne pas vouloir croire à l’impossible. Mais il y a aussi une déconnexion avec la réalité du monde. Car l’Amérique ne se résume pas à New York ou à la Californie. De même l’Angleterre ne s’arrête pas à Londres.
Il faut savoir sortir des hautes sphères et écouter les clameurs des campagnes et des petites villes et ne pas se contenter de l’avis des riches et des intellectuels.

Le « petit blanc » a peur de demain, de la mondialisation qui le laisse sur le côté, des élites qui semblent  n’écouter ni ses plaintes ni ses points de vue et qui, pense-t-il, ne le protégeront pas des turbulences qui s’annoncent et des étrangers, coupables désignés, qui lui volent son gagne-pain et génèrent partout de l’insécurité. Et quand le petit blanc déclassé a peur, il choisit les routes sinueuses et incertaines de ceux qui savent répondre à ses craintes avec des mots durs et des solutions simplistes, en lui mentant, mais ça il ne le voit pas, aveuglé par les promesses de lendemains meilleurs.  Quand il a peur, il décide de faire basculer l’Histoire du côté gris.

Je suis inquiet. Le monde va mal. Le populisme gagne du terrain, les peuples se replient sur eux-mêmes et des événement comme le Brexit et l’élection de D. Trump ouvrent la voie au racisme et à la xénophobie – je dirai même légitime – et conduisent à une société plus fragmentée et plus violente.
De l’autre côté des fous proposent le nihilisme et la violence comme solution. Le monde se disloque à une époque charnière où l’union serait pourtant le seul moyen de surmonter les caps difficiles à venir.
Il faut cependant garder espoir, expliquer, éduquer et continuer à proposer d’autres voies sans naturellement oublier d’écouter ce que les petites gens ont à dire.

 

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