Archives de catégorie : Sciences

L’humanité en péril

A lire, de toute urgence. Demain il sera trop tard.

L’humanité en péril ; Virons de bord, toute ! publié chez Flammarion. Il s’agit d’un ouvrage de la célèbre auteure Fred Vargas.

C’est un essai clair, pointu, précis et extrêmement bien documenté avec plus de 400 références (on voit là le caractère scientifique de F. V.). Tout est expliqué sur le réchauffement climatique planétaire, la pollution qui va avec, la destruction de la faune et de la flore : les causes anthropiques indéniables aujourd’hui et les conséquences à court et long terme selon les scénarii envisagés de plus optimiste (mais irréaliste pour moi) au plus pessimiste. En quelques mots, l’humanité pourrait disparaître dans les siècles à venir. Nous pourrions voir le début de la fin et nos enfants ou petits-enfants la fin. Et malgré cela on ne fait rien, ou presque rien alors que les solutions existent pour enrayer la crise, limiter les dégâts et offrir aux générations futures un monde vivable comme l’explique F. V. dans son essai.

Déni ? Confiance aveugle et injustifié dans la science ? Pouvoir surévalué de l’argent ? Appât des gains à court terme ? Je n’en sais rien mais je constate que rien ne bouge, que le modèle économique qui nous gouverne (basé sur la sacro-sainte croissance) n’est pas modifié alors que l’on est au courant de la mauvaise direction prise depuis les années 1960 et que les rapports et articles amoncellent, que les COP, les G7 ou G20 ne servent à rien, que les écarts de richesse se creusent, que les plus riches sont toujours plus riches quoi qu’il advienne, que les grandes entreprises, les banques et les assureurs dominent le monde et que les états sont ruinés.

Mais ne baissons pas les bras. Tout n’est pas encore perdu même si chaque seconde perdue nous rapproche de la grande catastrophe. Alors lisez ce livre, renseignez vous et changez vos comportements. Il faut compter sur les citoyens pour changer le cours de l’histoire. Nous avons les cartes en main ; agissons.

L’odyssée interstellaire

La série « L’odyssée Interstellaire » va prochainement être diffusée sur la chaîne ARTE : le samedi 10 août à 20h30 pour les 2 premiers épisodes et le samedi 17 août à la même heure pour les 2 derniers épisodes.

Cette série décrit la recherche d’une vie extraterrestre sur une exoplanète. Mon équipe a eu la chance de participer à cette belle aventure. J’en ai parlé sur ce blog dans un billet daté du 12 janvier 2019 : Living Universe. Notre intervention concerne l’emploi de la propulsion électrique pour un voyage interstellaire. Nous apparaissons dans l’épisode 2.

Pour ceux qui ne pourrons hélas pas voir la série elle est disponible sur le site Arte tv jusqu’au 8 octobre : Série.

Bien venu à bord du vaisseau Minerva et bon voyage.

MPCS 4

Participants au congrès MPCS 4 à Pékin.

Je viens de participer à la 4ème édition du congrès international MicroPropulsion & CubeSats (MPCS 4). Après Bari, Singapour et Washington, cette édition était organisée à Pékin par nos collègues chinois que je félicite et remercie une fois de plus pour l’organisation parfaite du congrès et leur hospitalité.
Ce congrès a été l’occasion de rencontrer et d’échanger avec les grands acteurs chinois, académiques comme industriels, de la propulsion électrique. Nous avons également pu apprécier le niveau des activités menées en Chine sur l’ensemble des technologies de PE et découvert les expériences et missions déjà réalisées. Nous avons aussi eu le privilège de visiter l’Agence Spatiale Chinoise (China Academy of Space Technology – CAST) où nous a été présenté un aperçu de leur très ambitieux, mais cohérent et réalisable, programme spatial qui comprend entre autres la construction, actuellement en cours, d’une station spatiale en orbite terrestre, le développement de constellations de micro et mini satellites et l’exploration de la Lune en préparation de vols habités, puis, sans doute, de l’édification d’une base permanente.

La prochaine édition du congrès MPCS se déroulera à Toulouse à l’automne 2020. Elle sera organisée par Laurent Garrigues du LAPLACE et moi-même.

Photographie d’une capsule Shenzhou prise à l’Agence spatiale chinoise (CAST) à Pékin.



Le défi du voyage vers les étoiles

Le défi du voyage vers les étoiles. De gauche à droite, Interprète, Pete Worden, Moi-même, Pierre Kervella, Nicolas Prantzos et Alain Cirou.

C’est le titre de la table ronde à laquelle j’ai été convié à participer le 1er novembre dernier dans le cadre de la 11ème édition des Rencontres du Ciel et de l’Espace (voir mon billet du 2 novembre).

Cette table ronde réunissait, face à un amphithéâtre plein, Pete Worden, directeur de Breakthrough Starshot, Nicolas Prantzos, astrophysicien à l’Institut d’astrophysique de Paris, Pierre Kervella, astronome à l’observatoire de Paris et moi-même. Elle était animée par Alain Cirou, le directeur de le rédaction du magazine Ciel & espace.

La vidéo est disponible ici.

The Expanse

Je viens de terminer la lecture des trois premiers tomes de la série The Expanse, soit un peu plus de 2000 pages, écrits par James S. A. Corey (un pseudonyme qui regroupe les auteurs D. Abraham et T. Franck) :

Tome 1 : L’éveil du Léviathan,

Tome 2 : La guerre de Caliban,

Tome 3 : La porte d’Abaddon.

J’ai suivi avec grand plaisir les péripéties du capitaine Jim Holden et de son extravagante bande composée de Naomi, Alex et Amos sans oublier l’inspecteur Miller, un autre personnage clé de la saga. Leurs aventures se déroule dans un futur où le système solaire est entièrement colonisé. Ce dernier est divisé politiquement entre les planètes intérieures dominées par la Terre, gouvernée par les Nations Unies, et la prospère Mars et  les planètes extérieures de la ceinture d’astéroïdes régies par le mouvement de l’Alliance des Planètes Extérieures.

J’ai été emporté comme beaucoup de lecteurs par l’histoire de la famille Mao et les intrigues autour de la protomolécule. Mais ce que j’ai apprécié en particulier c’est le réalisme et la crédibilité de l’histoire sur le plan technologique bien sûr mais aussi sur le plan politique, sociologique et anthropologique. Tout comme les auteurs je reste persuadé que l’humain ne changera guère dans les décennies et les siècle à venir. En d’autres mots, l’Homme restera avide de pouvoir, de conquête et d’argent.

The expanse est en partie fondée sur le propulseur Epstein, du nom se son inventeur, Solomon Epstein, qui a permis à l’humanité de voyager à travers le système solaire sur des temps courts. Cette technologie de propulsion  qui est basée sur la fusion nucléaire est décrite dans le roman Drive publié en 2012.

Si vous souhaitez en savoir d’avantage sur The Expanse, les livres, la série tv et le propulseur Epstein je vous invite à visiter le site The Expanse Wiki.

Living Universe

Une extraordinaire aventure à laquelle je suis fiers, et enchanté à la fois, d’avoir participé.

Bien venu à bord du vaisseau Minerva…

LIVING UNIVERSE, un voyage interstellaire, une épopée moderne à la recherche d’une vie extra-terrestre complexe.

Les participants, l’ensemble des scientifiques sélectionnés.
Une belle récompense, une reconnaissance, pour moi et mon équipe. La question qui nous a été posée : la propulsion par plasma est-elle la mieux adaptée aux voyages vers les étoiles et les exoplanètes ? Oui et non à la fois…

LE FILM, version australienne.
Il existe également une version française qui sera diffusée sur la chaîne Arte, en 4 épisodes, dans le courant de l’année. Alors que notre intervention ne dure que trois minutes dans la version australienne (à partir de 1h12), la séquence sur la propulsion à plasma (épisode 2) est bien plus longue dans la version à venir.

La photographie ci-dessous est celle du propulseur à courant de Hall PPS-20K (20 kW de puissance nominale) prise lors du tournage du documentaire au sein de mon laboratoire au mois de juillet 2016. Le tournage, qui a duré trois jours, reste une expérience inoubliable pour tous les membres de mon équipe. On a découvert des gens agréables et très professionnels, un autre univers, d’autres méthodes de travail. Au final on s’est bien amusé même si parfois la répétition des scènes fut éprouvante. On a désormais tous hâte de voir le documentaire complet sur Arte – filmé en 4K – même si on a déjà visionné notre partie.

Propulseur de Hall PPS-20K (SAFRAN / CNRS) avec la chambre à vide NExET en arrière plan.

Exploration spatiale

Photographie de l’objet céleste Ultima Thule prise par la sonde New Horizon.

La fin de l’année 2018 et le début de 2019 ont été riche en événements dans le domaine spatial. On assiste clairement depuis plusieurs années à un regain d’intérêt de la part des états (USA, Chine, Inde, Europe, Japon en particulier) mais aussi des entreprises privées pour l’exploration spatiale. Il faut s’en féliciter et y voir peut-être le retour à un nouvel âge d’or qui je le souhaite conduira à la construction de bases lunaires, prémices à la colonisation de notre satellite naturel, à l’arrivée de l’homme sur la planète Mars, à une exploration approfondie du système solaire avant son exploitation et, pourquoi pas, à l’envoi de sondes vers d’autres étoiles et vers des exoplanètes.

Mais revenons aux semaines passées. Trois grands événements sont à retenir.

Ultima Thule
L’image ci-dessus est une photographie d’Ultima Thule prise le 1er janvier lors de son survol par la sonde américaine New Horizon lancée en 2006 et dont l’objectif premier était le survol de Pluton (qui a eu lieu en 2015). Ultima Thule, qui appartient à la ceinture de Kuiper, est l’objet le plus éloigné de la Terre jamais exploré par l’homme. On a tous été surpris par sa forme surprenante et inattendue qui consiste en deux sphères connectées.
Cela fait penser à l’étonnement lorsque les premières images à haute résolution de l’astéroïde Ryugu envoyée par la sonde japonaise Hayabusa 2 nous sont parvenues.

Photographie de l’astéroïde Ryugu prise par la sonde Hayabusa 2.

Mission Insight Mars
L’atterrisseur InSight de la mission Insight Mars s’est posé sur le sol martien le 26 novembre. Il doit étudier les ondes sismiques et étudier le sol en profondeur. Pour mener à bien son programme de recherche, l’atterrisseur, ou station au sol, emporte deux instruments scientifiques : le sismomètre SEIS, développé en France, et HP3, un instrument qui permet de mesurer les flux de chaleur en provenance du cœur de la planète.

Face cachée de la Lune
Le 3 janvier au matin, le rover Yutu 2 de la mission chinoise Chang’e 4 s’est posé dans le cratère lunaire Von Kármán. Il s’agit d’une performance historique car Yutu 2 est le premier rover à fouler le sol de la face cachée de la Lune, celle que l’on ne voit jamais depuis la Terre. Pour communiquer avec la sonde les scientifiques chinois utilise comme relai le satellite Queqiao qui est positionné au point de Lagrange L2.

La propulsion électrique à l’ère des microsatellites

Le magazine Industrie et Technologies a publié au mois de décembre dans son cahier technique un article sur la propulsion spatiale électrique dont je suis l’auteur. L’article est intitulé La propulsion électrique à l’ère des microsatellites (n° 1015-1016, déc. 2018, pages 53-60). J’ai pris beaucoup de plaisir à écrire cet  article et a travaillé avec la rédaction de ce magazine français consacré à la veille technologique.

L’article est une introduction à la propulsion électrique (PE) destinée aux étudiants, techniciens et ingénieurs qui souhaitent en savoir d’avantage sur ce mode de propulsion pour les satellites et les sondes d’exploration. J’y décris le principe physique de base et ses implications, les avantages et limites de la PE avant de détailler les trois grandes familles de propulseurs électriques. Je termine par un bref historique et les utilisations actuelles et futures en mettant l’accent sur la micropropulsion c’est à dire l’ensemble des systèmes propulsifs développés pour les nano- et les micro-satellites.

La version intégrale de l’article est disponible ici.

Tribune dans Le Monde

Le journal Le Monde a publié aujourd’hui dans ses pages une tribune sur l’avenir du Magazine Science & Vie (lire mon billet du 17 octobre dernier).

J’ai signé cette tribune sans hésitation avec 265 autres scientifiques, dont plusieurs prix Nobel. Dans notre monde moderne où les fake news et les pseudo-sciences se propagent à la vitesse de la lumière et prennent le dessus sur la vérité et la démonstration scientifique, il est primordial que les journaux et magazines scientifiques perdurent et restent indépendants. Il faut continuer d’offrir aux citoyens des repères, des lieux où les réflexions sont basés sur des faits et des théories solides. Les faire disparaître, c’est prendre le risque de voir la démocratie s’éteindre puis disparaître définitivement.

Les stars de la science

J’ai lu aujourd’hui sur le blog de l’excellent journaliste scientifique Sylvestre Huet un article intitulé « Antoine Petit (CNRS) et les stars de la science ». Je le conseille. Il traite de la vision qu’a Antoine Petit, l’actuel président-directeur général du CNRS, de la gestion des stars de la recherche.

Il va s’en dire qu’il y a des personnes brillantes et très au-dessus de la moyenne dans les Sciences, comme dans tous les domaines,  des chercheur(e)s meilleur(e)s que les autres, des équipes plus performantes, des travaux significatifs et d’autres pas. La question se pose alors de savoir si il faut privilégier ces Stars, comme le suggère Antoine Petit ou Jean Tirole, médaille d’or du CNRS en 2007 et récipiendaire du prix de la banque de Suède en sciences économiques (Prix Nobel d’économie) en 2014.

Dans son article, Sylvestre Huet, qui prône l’égalité de traitement, cite de très nombreux exemples de scientifiques brillants et reconnus se disant heureux de travailler en France, satisfait à priori de leurs conditions. Je suis plus mitigé sur les conditions de travail actuelles dans les centres de recherche et les universités, sur les bienfaits du saupoudrage des ressources et sur une apparente béatitude (voir mon billet du 2 octobre). On peut faire mieux me semble-t-il si l’on souhaite que la France reste un pays attractif pour les scientifiques avec une recherche de haute qualité. Je rejoindrais plutôt le point de vue mon président. Sans abandonner les moins performants (gardons à l’esprit qu’il y a des hauts et des bas dans une carrière, dans une vie), il faut garder/attirer les meilleurs en créant les bonnes conditions, pour ne pas dire les conditions idéales ou rêvées. Cela implique nécessairement de les favoriser en termes de salaires, moyens et environnement.