Archives de catégorie : Economie

NDDL

Je reviens sur la décision prise par le gouvernement d’E. M. au sujet de l’aéroport de Notre Dame des Landes dans la Loire Atlantique maintenant que la pression est retombée et que l’attention se concentre sur le site de Bure dans la Meuse où un centre d’enfouissement de déchets nucléaires est à l’étude.

Finalement, la construction d’un aéroport sur la commune de NDDL n’aura pas lieu. En contre partie, l’aéroport Nantes Atlantique sera modernisé et agrandi. C’est une sage décision et je tiens ici à féliciter le gouvernement pour avoir mis un terme à un projet et une polémique débutés il y a presque cinquante ans. Il fallait trancher et passer à autre chose.

Entrons-nous dans une nouvelle ère ? Je l’espère. Ce projet d’aéroport me semblait dépassé. Notre préoccupation majeure doit être aujourd’hui la préservation de notre monde et de facto la modification de notre mode de vie. Il faut penser aux générations à venir et à notre héritage. Il est grand temps d’arrêter d’être égoïste. Le choix d’E. M. va pour moi dans cette direction. On a préféré la terre aux avions. Réjouissons-nous. Ce n’est qu’une petite goutte d’eau, mais comme je le dis souvent « la somme de quantités infiniment petites peut-être infiniment grande ».
Je salue aussi la détermination des zadistes qui malgré les menaces n’ont jamais baissé les bras. J’ai entendu les critiques nombreuses contre un gouvernement qui auraient cédé face à une bande de jeunes extrémistes (sous-entendu de gauche) prêts à en découdre. Je n’y crois pas. La cause était juste et orientée dans le sens de l’histoire. Rien à voir entre parenthèses avec quelques bonnets rouges qui font plier F. H. pour des raisons politiques, renvoient aux citoyens une facture de plusieurs centaines de millions d’euros et mettent un terme à un projet utile qui aurait probablement modifié nos habitudes dans le bon sens.

Dette publique française

Le montant de la dette de la France s’élève désormais à 2105,4 milliards d’euros. Traduit en pourcentage du PIB on atteint 97,6. Ces mauvais chiffres sont issus d’une enquête publiée par l’INSEE. Il faut noter que cette dette publique englobe seulement la dette de toutes les administrations publiques. Nous voilà désormais parmi les plus mauvais élèves de l’Europe. Comment être alors crédible et donner des leçons ?

En dix ans, la France a doublé sa dette publique. En 2005, Dominique de Villepin, alors premier ministre, s’inquiétait et espérait un choc des consciences alors que le niveau de la dette venait de dépasser 1000 milliards d’euros. Dix ans plus tard le constat est amère. Toujours plus de dette, certes, mais en parallèle, toujours plus de pauvreté, de chômage, d’insécurité sociale. Le pouvoir d’achat chute, les inégalités se creusent et deviennent insoutenables, le financement de la santé et des retraites pour tous ne sera bientôt plus qu’un mirage. Il ne reste qu’une très faible lueur d’espoir.

Comment en sommes nous arrivé là ? Il y a bien sûr eu cette crise financière dont nous ne sommes toujours pas sortit. Mais ce n’est pas la cause principale, il faut arrêter de se chercher des excuses. La réponse est simple et sans appel. Les gouvernements successifs n’ont entreprit aucune grande réforme, malgré l’urgence, malgré les appels. Le monde change, vite, très vite, que cela nous plaise ou non. Il faut s’adapter, ou décliner.
Mon pays va mal. Les extrémistes progressent, en se nourrissant de la peur et de la misère que l’inaction de nos gouvernants ont créées. Il est temps d’inverser la machine et de changer de cap avant qu’il ne soit réellement trop tard. Mais qui aura le courage de relever le défi ?

Fluctuations des places boursières

Me voilà de retour sur Aleph-Zéro après trois semaines sans mots. Quelques congés mérités et une reprise à cent à l’heure avec de nombreux projets en tête. Les vacances sont propices à la réflexion et à l’émergence de nouvelles idées. Je n’ai pas arrêté de travailler et de penser pendant cette coupure. Bien au contraire. J’ai lu plusieurs articles, réfléchi à de nouvelles pistes de recherche et essayé de répondre aux questions qui actuellement nous occupent. Tout cela sans réellement couper les ponts avec mon équipe qui a réalisé des avancées importantes durant l’été. J’y reviendrai au cours des prochaines semaines.

Je voudrais aborder aujourd’hui un sujet qui a occupé la presse, la télévision et Internet au cours des derniers mois : la fluctuation prononcée des indices boursiers.
Tout est partit de la bourse de Shanghai avant de se propager aux places boursières du monde entier. Mais que l’on se rassure, il n’y a rien de grave et cela devrait rester confiné à la Chine, à l’Asie tout au plus, car il s’agit de l’explosion d’une bulle créée par l’achat à crédit d’actions par les petits porteurs chinois encouragés par le gouvernement. Je demande à voir. L’économie chinoise ralentit depuis longtemps ce qui explique en partie la chute du prix des matières premières et l’Europe ne se remet pas de la crise de 2008. Et puis, comme je l’expliquais dans un précédent billet, il y a une crise économique majeure tous les sept ans : 2008 + 7 = 2015. Le cycle va-t-il se poursuivre ?
Il faut espérer que non car, contrairement à 2008, nos marges de manœuvre sont faibles, pour ne pas dire inexistantes, pour faire face à un grand bouleversement de l’économie mondiale. Le prix des principales matières premières et celui des énergies fossiles sont très bas. Les taux directeur des grandes banques centrales sont nuls ou quasi nuls. Des milliers de milliards d’euros ont déjà été injectés via des rachats de titre dans l’économie des Etats-Unis, de l’Europe, du Japon et de la Chine, sans grand effet d’ailleurs. Il me semble que nous avons épuisé toutes nos cartouches. Un effondrement tel que celui de 2008 ferait aujourd’hui beaucoup plus de dégâts. Je vous laisse imaginer l’état du monde qui s’en suivrait.
Le risque encouru à grande échelle est immense et les remèdes proposés face à la crise de 2008 n’ont pas eu les effets attendus. Nos sociétés sont aujourd’hui extrêmement vulnérables. Cette évidence devrait faire prendre conscience aux dirigeants et à nous même que notre modèle est à bout de souffle et qu’il est grand temps de le changer en remettant l’homme au centre des enjeux.

Uber-Paupérisation

Je suis avec intérêt les péripéties d’UberPOP en France et le conflit qui l’oppose aux taxis, en particulier à Paris. Dernier rebondissement en date, deux dirigeants de la société ont été placés en garde à vue par la division de la répression de la délinquance routière. Le motif de l’arrestation : gestion d’une entreprise de taxi jugée illégale. Je trouve cela surprenant, mais je ne suis pas un spécialiste du droit. Peut-on réellement rendre l’application illégale ? Quid alors des applications similaires, des sites de covoiturage et des services de VTC ? Le gouvernement ne fait-il pas une fixation sur UberPOP pour avant tout satisfaire un lobby ?

Je condamne fermement les violences envers les chauffeurs et les clients. Mais je comprends l’inquiétude des chauffeurs de taxi ainsi que les réactions souvent démagogiques de nos dirigeants.
Car il faut voir plus loin. UberPOP est à mes yeux un exemple flagrant de paupérisation des sociétés modernes tombées sous le joug d’Internet et du Cloud. Les technologies numériques sont en train de transformer en profondeur le monde du travail. Elles permettent entre autres une simplification et un découpage en tâches élémentaires simples que chacun peut effectuer sans qualification particulière. Les miettes sont alors offertes aux hordes de chômeurs et de travailleurs pauvres, faisant le bonheur et la fortune de ceux d’en haut. Je crois que personne n’est vraiment à l’abri, même ceux dont les fonctions sont basées sur les connaissances et la réflexion. Réfléchissez bien. Le morcelage programmé des métiers ne s’applique-t-il pas au votre ? De surcroît, non seulement les individus sont menacés mais les états eux-mêmes ont tout à perdre de l’Uber-Paupérisation du monde.

Pour alimenter le débat et la réflexion, je vous invite à lire l’article de Jean-Laurent Cassely paru dans Slate.fr et intitulé : Amazon, Uber: le travail en miettes et l’économie du partage des restes.

Il faut en finir avec le feuilleton grecque

Les discussions entre les dirigeants de la Grèce et ses créanciers piétinent. Les réunions de la dernière chance se suivent et se ressemblent. C’est une mauvaise série télévisée à laquelle on assiste depuis des mois.
La Grèce est ruinée depuis longtemps. Tout le monde sait que jamais le pays ne pourra rembourser sa dette. Aujourd’hui le gouvernement Tsipras emprunte d’un côté (la BCE) pour payer un dû de l’autre côté (le FMI). C’est une spirale infernale dont la Grèce ne pourra pas sortir. Alors pourquoi insister ?
Puisque l’Union Européenne, ou plutôt les pays membres de la zone euro, n’a rien fait pour éteindre l’incendie au début du plongeon grecque alors qu’elle le pouvait, la situation est devenue incontrôlable et la fin de l’histoire est connue de tous depuis des mois. On essaye sans doute de gagner du temps mais pour quoi faire ?
La grande peur de l’inconnue j’imagine. Il n’existe maintenant que deux solutions au problème me semble-t-il : On annule la dette grecque ou on (ses partenaires) la rembourse ; la Grèce fait défaut et sort de la zone euro.
Quoi qu’il arrive dans l’avenir, l’Union Européenne ne sortira pas grandi de cette affaire. Une fois de plus la famille Europe n’a pas su s’entendre pour régler un problème pourtant simple. Pauvre Europe. On dirait que tout est fait pour faire progresser les eurosceptiques et les nationalistes.
Mais il y a peut-être plus grave. En s’obstinant à ne pas voir l’évidence, les dirigeants de l’UE, de la BCE, du FMI et cetera ont peut-être mis l’Europe, voir le Monde, en danger. Comment vont réagir les marchés ? La zone euro va-t-elle résister au choc ? La faible reprise européenne sera-t-elle stopper net ?
Nous aurons les réponses à ces questions très prochainement. Le pire peut sans doute être encore évité en acceptant les faits et en réglant le problème une fois pour toute. Il y aura des conséquences néfastes de toute façon mais d’une ampleur plus faible. Mais il faut aller vite. Mesdames, Messieurs, ne perdez plus temps.

Lancement du QE européen

La Banque Centrale Européenne (BCE), gouvernée par l’italien Mario Draghi, vient de démarrer son programme d’assouplissement quantitatif, ou Quantitative Easing en anglais (QE). La BCE va ainsi racheter pendant une année pour un montant de 1200 milliards d’euros de dettes des états et autre titres financiers, sans doutes des actifs dit toxiques. Il s’agit d’injecter des liquidités dans les marchés financiers pour relancer le crédit, en particulier vers les entreprises et les ménages, et l’inflation. Ce n’est ni plus ni moins que l’équivalent moderne de la planche à billet.
Le QE européen intervient après celui des Etats-Unis. La réserve fédérale, ou fed, a ainsi racheté pour 3500 milliards de dollars de titres entre 2009 et 2014, ce qui a permis de remettre sur pied l’économie américaine. Je me demande aujourd’hui pourquoi le QE de l’UE arrive si tard alors que le contexte économique est fortement dégradé depuis 2008. Est-ce parce que l’ancien président de la BCE, le français Jean-Claude Trichet, n’y croyait pas ?

L’Europe, et donc la France, bénéficie désormais du QE, de taux d’emprunt historiquement bas, d’un pétrole et d’un gaz bon marché et d’un euro faible par rapport au dollar (on est proche de la parité que l’on devrait atteindre prochainement). Tous les voyants sont donc au vert pour relancer la machine et sortir enfin de la crise et du chômage de masse. Mais combien de temps va perdurer une telle embellie ? Personne ne le sait. Il faut donc en parallèle agir vite et lancer des réformes en profondeur.

On est aussi en droit de se demander quand la prochaine crise majeure va-t-elle surgir. Les états seraient aujourd’hui bien incapables d’encaisser un séisme tel que celui de 2008 car ils se sont fortement endettés pour sauver le système bancaire mondiale et le peu de réserves restantes fondraient bien vite.
Si l’on regarde l’histoire économique et financière du siècle passé, une crise majeure survient tous les 7 ans. Si le cycle se poursuit, le prochain tremblement financier est donc à craindre pour cette année.

Chute du prix du pétrole

Le cours du baril de pétrole n’en finit pas de chuter. Le WTI a franchi hier le seuil des 60 dollars et le Brent de la mer du Nord est à 63 dollars. Personne n’avait anticipé une telle dégringolade. Les raisons ? Elles sont multiples : excédents de production, notamment aux Etats-Unis d’Amérique, crise économique et faible croissance en particulier en Europe et ralentissement de l’économie Chinoise, pour ne citer que les plus évidentes.
Alors, bonne ou mauvaise nouvelle ? Faut-il se réjouir de ces prix bas ? Et bien cela dépend du point du vue.
C’est une bonne nouvelle pour l’Europe, et donc la France. Les recettes inattendues ainsi générées devraient s’élever à 100 milliards cette année malgré la baisse du cours de l’Euro face au dollar. Un petit bol d’air pour relancer la sacro-sainte croissance.
C’est une très mauvaise nouvelle pour les pays dont le budget dépend principalement du pétrole comme le Venezuela, l’Irak, l’Iran, l’Algérie et la Russie. La chute des cours risque de plonger ces pays et bien d’autres dans une crise économique et sociale qui devrait rendre le monde un plus instable et plus inégalitaire.
Et c’est aussi un point très négatif pour les politiques de lutte contre le réchauffement climatique. Un faible prix du pétrole et du gaz, et donc des carburants fossiles, n’incite pas les consommateurs et les entreprises à faire des économies et les états à promouvoir et aider des investissement dans la mise en place de nouvelles sources d’énergie moins polluantes et dans la recherche de nouvelles technologies. On va donc aggraver la situation et s’éloigner un peu plus des objectifs préconisés par le GIEC.

La France à zéro

D’après les chiffres de l’INSEE, la croissance de la France a été nulle au premier trimestre de cette année.
Cela est due en grande partie à un net recul de la consommation des ménages. Notre pays aura donc bien du mal à tenir ses objectifs économiques pour 2014. Le gouvernement, tout comme la Commission Européenne et le FMI, table sur une croissance annuelle de 1 %. On a du mal à y croire après un début d’année si catastrophique. Pourtant, cela ne semble pas inquiéter le gouvernement. Méthode Coué, quand tu nous tient…

La reprise, le retournement comme le prédisait F. Hollande, n’est donc pas au rendez-vous.
La politique d’austérité du précédent gouvernement menée par J.M. Ayrault, bien que nécessaire (voir mes précédents articles), a été trop sévère envers les ménages. Les hausses de la fiscalité ont probablement tué les possibilités – et les envies – d’achats et d’investissements. La chute historique du niveau de mises en chantier dans le domaine du bâtiment est un bon exemple de l’effet négatif que peut avoir une politique de redressement qui mise tout sur les taxes et les impôts.
Notre Président, et le nouveau premier ministre, l’ont sans doute compris. L’état change de cap mais les effets bénéfiques potentiels n’arriveront que dans plusieurs mois, si ils arrivent. Car, je le vois bien autour de moi, les français ont perdu confiance en la politique actuelle, et pire, en l’avenir. Les élections européennes qui arrivent risque d’en apporter une preuve terrifiante.

Un 0,5 % inattendu

C’est le chiffre de la croissance française (PIB) au deuxième trimestre. Personne ne s’y attendait (l’Allemagne fait +0,7 % sur la même période). Le gouvernement envisageait même de revoir ses prévisions pour 2013 à la baisse.
Il faut d’abord se réjouir de ce bon résultat. Après tout, c’est mieux qu’un nombre nul ou négatif. Il faut ensuite rester très prudent. Premièrement, la France continue de perdre des emplois. Deuxièmement, ce bon résultat reste en partie inexpliqué et une relation avec la politique menée par le gouvernement de F. Hollande n’est pas établie. On sait tout de même que 0,4 % proviennent d’un rebond de la consommation des ménages (Est-ce en partie la facture énergétique due au mauvaises conditions météorologiques ?).
Allons nous poursuivre sur la même pente dans les mois à venir ? Rien n’est certain à mes yeux à cause des augmentations en tout genre qui nous attendent et qui vont plomber nos budgets.

Le serpent qui se mord la queue

F. Hollande a donc décidé de maintenir le cap fixé au moment de l’élection présidentielle en limitant le déficit public de la France à 3 pourcents du PIB pour l’année 2013. C’est un effort sans précédent dans l’histoire du pays qui est ainsi demandé aux citoyens et aux entreprises puisqu’il faudra trouver plus de 30 milliards d’euros. La répartition est grosso mode de un tiers, un tiers, un tiers entre l’augmentation de l’impôt sur le revenu, l’augmentation des taxes sur les entreprises et la réduction des dépenses dans les ministères.

C’est un défi très osé de garder le cap des 3 pourcents en pleine crise économique et financière – l’objectif final est d’atteindre l’équilibre budgétaire (0 % de déficit) en 2017, soit à la fin du mandat de l’actuel président – d’autant plus que le calcul de la somme a trouver a été fait sur une hypothèse très optimiste à mes yeux d’une croissance de 0,8 % l’année prochaine. Je m’attends plutôt à une croissance proche de zéro.
La rigueur imposée va en effet certainement entraîner une chute sans précédent de la production, de l’investissement, de la consommation et de la création de richesses, les ménages et les entreprises, du moins celles qui survivront, préférant économiser et attendre des jours meilleurs, en souhaitant qu’ils arrivent.
D’où l’image du serpent qui se mord la queue ; la rigueur risque avoir une effet contraire à celui escompté et creuser encore plus le déficit. Les conséquences risquent également d’être désastreuses pour le chômage, en particulier celui des jeunes, diplômés ou non. Que va-t-il se passer si les taux atteignent des valeurs records ? Je crains que le remède proposé n’en soit pas un, bien au contraire.
J’espère avoir tord.